En quête du bon plan pour la gestion des déchets radioactifs

© Philippe Bohlinger
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Comment gérer au mieux les 1,62 million de mètres-cubes de déchets nucléaires actuellement recensés en France par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) ? Le public a eu l’occasion de s’exprimer sur la question pendant cinq mois dans le cadre du débat national organisé sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). Le 25 novembre, la CNDP remettra le rapport issu de cette concertation au ministère de la Transition écologique et à l’Autorité de sureté nucléaire (ASN).

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La déconstruction de réacteurs envisagée par le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) devrait générer quantité de ferrailles et de gravats qui augmenteront le volume des déchets à faible activité radioactive. Fessenheim ouvrira le bal en 2020 en Alsace.

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L’information est méconnue, mais depuis 2007, l’ASN et le gouvernement ont un “plan” pour assurer la gestion des déchets radioactifs produits par EDF, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et Orano. Il s’agit du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs, désigné sous l’acronyme peu engageant de PNGMDR. Adopté tous les trois ans, il dresse le bilan des modes de gestion existants, évalue les besoins d’installation de stockage, etc.

Projet Cigéo contesté

Jusqu’à présent ce plan ne faisait l’objet d’aucune consultation publique avant son adoption par les parlementaires. Le gouvernement a choisi de changer son fusil d’épaule en mars 2018, au lendemain de l’évacuation du bois Lejuc à Bure (Meuse), l’épicentre de la lutte contre le projet de centre industriel de stockage géologique des déchets les plus dangereux Cigéo.

Les citoyens ont eu la possibilité de donner leur avis sur le prochain PNGMDR du 17 avril au 25 septembre 2019, à l’occasion de vingt-deux réunions thématiques organisées partout en France et d’une consultation en ligne.

Les discussions ont notamment porté sur les deux grandes catégories de résidus constituant l’essentiel des volumes : les déchets de “très faible activité” et les déchets de “faible ou moyenne activité à vie courte”. Ils sont entreposés dans l’Aube dans deux installations distinctes gérées par l’Andra.Si le centre de stockage des déchets de faible ou moyenne activité ne présente pas de risque de saturation à moyens termes, ce ne serait pas le cas de son voisin. À règlementation inchangée, «la capacité actuelle de stockage autorisée [des déchets de très faible radioactivité] sera totalement utilisée vers 2029-2030», a indiqué la Cour des comptes dans un rapport paru en juillet dernier.

Seuils de libération

Confrontés à la même problématique, plusieurs pays ont adopté des “seuils de libération”, autrement dit des niveaux de contamination en-deçà desquels les métaux et gravats peuvent être employés dans la fabrication d’équipements ou d’objets.

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LIEN(S) : Lire la sjite de cet article dans le n°635

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