Efficacité énergétique au Canada : réalités provinciales contrastées

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Immense pays aux hivers rigoureux, le Canada, qui ne compte que 37 millions d’habitants est paradoxalement le sixième producteur mondial d’électricité, et à la septième place mondiale en termes d’intensité énergétique (avec 0,173 kilo équivalent pétrole par dollar de 2015 en parité de pouvoir d’achat, contre 0,086 kep/$2015p pour la France). C’est aussi une confédération avec 10 provinces et trois territoires où le contexte de l’efficacité énergétique est vraiment différent d’un endroit à un autre.

Comme bon nombre de pays développés, le Canada a commencé à s’intéresser à l’efficacité énergétique à partir de 1973, et l’a érigée au rang de priorité nationale depuis 1992, avec la loi sur l’efficacité énergétique qui a donné lieu à un certain nombre d’autres initiative.

La loi sur l’efficacité énergétique impose des normes de performances énergétiques minimum pour différents équipements mais, à titre d’exemple, rien que pour les chaudières à gaz, six provinces sur dix ont adopté leurs propres normes. Cette réalité a comme conséquence un mille feuilles de normes et réglementations qui rend le contexte énergétique peu lisible.

«Il n’y a pas un cas canadien mais treize cas sur lesquels est posée l’initiative fédérale», explique Pierre Langlois, président du bureau d’études Econoler. Celui-ci considère même que le seul dénominateur commun est l’utilisation prédominante des subventions pour financer l’efficacité énergétique. «L’utilisation des subventions ne peut être la seule approche possible parce qu’il y a des limites aux dépenses», avance-t-il.

Malgré l’hétérogénéité des situations, l’efficacité énergétique reste un marché qui offre de nombreuses opportunités d’abord parce que le potentiel d’économies d’énergie est important et d’autre part parce que le Canada, et particulièrement le Québec, est demandeur de coopération.

225 mesures répertoriées au Québec

Au Québec, l’efficacité énergétique est portée par une toute jeune agence : Transition énergétique Québec (TEQ). Elle a été fondée en avril 2017 par le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec pour respecter les engagements de la province dans le cadre de l’Accord de Paris et aller vers une société la moins carbonée possible.

Un plan directeur a été mis en place grâce à la collaboration de toutes les parties prenantes que ce soient les ministères ou les distributeurs (Hydro Québec, Energir, Gazifère). Ce plan 2018-2023 s’appuie sur deux objectifs : le premier étant d’améliorer de 1 % par an l’efficacité énergétique moyenne de la société québécoise et le second d’abaisser d’au moins 5 % la consommation totale de produits pétroliers par rapport au niveau de 2013. Ainsi, 225 mesures ont été répertoriées et réparties sur quinze volets pour plus de six milliards de dollars d’investissements.

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LIEN(S) : Vous avez lu des extraits de cet article, à lire en entier dans le n°625

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