Effet de serre, efficacité, inflammabilité : trois enjeux inconciliables pour les fluides frigorigènes ?

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À l’occasion de son 16e colloque, l’Alliance froid climatisation environnement (AFCE) a remis en avant les enjeux qui concernent la filière de production de froid, et tout spécialement les contraintes qui pèsent sur les fluides frigorigènes. En Europe, la réglementation européenne F-gas vise spécialement la réduction progressive des quantités de HFC (hydrofluorocarbure). Comme le précisait le président de l’AFCE, Régis Leportier en ouverture du colloque, « la filière veut promouvoir une attitude responsable au regard des défis environnementaux ».

Tout le froid produit dans le monde, y compris le conditionnement d’air, mobilise 17 % de l’électricité utilisée mondialement. Mais les différences géographiques sont énormes : en Amérique du Nord, on dépasse les 2 500 kWh/habitant, tandis que la moyenne mondiale est à 440 kWh. Avec une électricité majoritairement issue d’énergies carbonées sur la planète, le bilan CO2 indirect du froid est supérieur aux émissions directes des fluides frigorigènes.

Évolution de la quantité de fluides frigorigènes (en tonnes) / Source AFCE

Mélange de fluides : un dimensionnement complexe

L’efficacité énergétique des systèmes de production de froid a donc un rôle important à jouer pour améliorer le bilan. En premier lieu, on peut réduire les besoins, en améliorant les charges thermiques des bâtiments, les procédés, les systèmes de contrôle, etc. Ou simplement en appliquant des mesures de bon sens comme fermer les vitrines réfrigérées dans les surfaces commerciales… Ensuite, les équipements de production de froid doivent être dimensionnés au mieux afin de satisfaire un besoin. Cela conduit à ouvrir le champ des possibles pour optimiser les systèmes en prenant en compte les réseaux de chaleur/froid, les unités autonomes en réfrigération commerciale, les dispositifs en cascade avec CO2 en basse température, une plus grande utilisation des chillers, voire même mettre en œuvre du refroidissement naturel (freecooling). Enfin, les fluides frigorigènes eux-mêmes doivent être choisis au mieux pour satisfaire à la nécessité de faire baisser leur pouvoir de réchauffement planétaire (PRP, aussi appelé pouvoir de réchauffement global PRG, ou GWP en anglais) en dessous de 150*. L’AFCE a d’ailleurs publié récemment une étude sur l’efficacité énergétique des fluides à faible PRP disponibles.

Mieux coordonner énergie et HFC

Dans ce large contexte mouvant, les défis sont nombreux pour les filières utilisant les fluides frigorigènes. Mener de front l’élimination des HCFC et la réduction des HFC nécessite une meilleure information, le remplacement des vieux équipements, l’utilisation de frigorigènes de transition, tout en assurant la formation des professionnels, la sécurité des installations, le soutien aux pays en développement, etc. Il reste aussi à mieux coordonner les politiques énergie-climat nationales et la réduction des HFC prévue au niveau international. La taxation des HFC par la France pour réduire les gaz à effet de serre, récemment décidée, est vécue par la profession comme une contrainte trop forte au regard de celles déjà existantes.

* Pour rappel, le CO2 à par définition un PRP de 1. Les CFC et certains HCFC ont un PRP de plusieurs milliers voire dizaines de milliers.

 

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