Édito : L’efficacité, du G7 au Winter Package

Les ministres de l’énergie du G7 se sont réunis les 9 et 10 avril 2017 à Rome, en compagnie d’un représentant de la Commission européenne (Miguel Arias Cañete) et de l’AIE (Fatih Birol). Ces réunions de haut niveau sont toujours l’occasion de peser les mots avec justesse pour contenter chacun et ne fâcher personne. Un peu de recherche et d’innovation par-ci, un peu de nucléaire par-là, un soupçon d’inquiétudes sur l’emploi et la cybersécurité, et bien sûr une bonne dose de sécurité d’approvisionnement, spécialement en gaz vis-à-vis du voisin Russe, avec de forts conseils pour l’Ukraine. Faisant part de ses propres actions, la ministre Ségolène Royal a enjoint les autres pays à émettre aussi des obligations “vertes”, comme la France l’a fait en début d’année. Plus embêtant, la position gelée des États-Unis sur le changement climatique a empêché toute déclaration commune sur la mise en application de l’Accord de Paris. Une partie du discours du G7 s’est néanmoins fixée sur l’efficacité énergétique comme ressource première à développer. Il en découlera d’ailleurs des baisses d’émissions de GES.

Et bien sûr des économies d’énergie durables. Un rapport de la Commission européenne sur les impacts des mesures prises en matière d’ecodesign et d’étiquetage énergétique le montre encore une fois (1). Il analyse deux scénarios : un prolongeant les politiques en usage à l’époque avant tout changement et l’autre prenant en compte le lancement de ces mesures et les extrapolant jusqu’en 2030 puis 2050. Ainsi, l’application de l’ecodesign et du “labelling” dans l’UE-28 permettra de réduire la consommation d’énergie primaire de 165 Mtep en 2020 sur les produits concernés (2), soit une économie nette de 112 milliards d’euros. Des revenus complémentaires de 57 Md€ seront aussi générés pour les industriels, fournisseurs et installateurs. L’étude estime que tous ces résultats seraient augmentés de 60 % à l’horizon de 2030. Par contre, si aucune nouvelle mesure n’est décidée après, les résultats positifs s’estomperont peu à peu jusqu’en 2050. D’où l’idée d’un besoin régulier d’adapter et incrémenter les politiques publiques d’efficacité énergétique, comme propose de le faire le Winter Package de la Commission (voir Energie Plus n°585 page 12).

(1) Voir sur http://ec.europa.eu/energy/ dans les actualités du 4 avril (rapport) et du 10 avril (G7).
(2) Soit l’équivalent de 9 % de la consommation d’énergie totale de l’UE-28 en 2010 (1759 Mtep)
Article paru dans Energie Plus 585 du 1er mai 2017

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