Édito : l’efficacité, à faire connaître dans l’industrie

Dix ans après la crise financière et économique de 2008, les prévisions de croissance économique de la France pour 2018 n’ont jamais été aussi bonnes : 2 % selon la Commission européenne, dans un contexte porteur au niveau de l’Union qui atteindrait, elle, +2,3 %. La Banque de France, plus prudente, a récemment envisagé +1,9 % pour l’Hexagone cette année. Néanmoins, le temps n’est pas à l’euphorie. Des économistes avertissent qu’il n’y a aucune raison de retrouver les niveaux de croissance des 30 Glorieuses ; serait-ce souhaitable d’ailleurs, vue la surconsommation engendrée par ces années-là, y compris énergétique ?

Dès l’année prochaine, la croissance sera déjà moins forte, la Banque de France annonçant une prévision de 1,7 % en 2019 et 1,6 % en 2020.
Ce niveau actuel plus positif de la croissance apporte cependant un bol d’oxygène à l’économie française, certainement en partie par rattrapage de plusieurs années d’atonie et d’attente. Le secteur industriel n’y échappe pas et on observe pour la première fois depuis 2008 un solde positif d’ouvertures de sites industriels. Mais la reprise est timide au regard du passif : en cumulant les données depuis 2009, 1 432 usines ont été ouvertes quand 2012 ont été fermées. Il n’empêche que le tissu industriel qui se revigore ne doit pas céder à la tentation d’être trop timoré, en particulier en matière d’efficacité énergétique.

Comme nous le rappelons dans notre dossier dédié à l’efficacité énergétique, il y a un potentiel encore important pour économiser de l’énergie dans les utilités et les process. Surtout, il semble désormais crucial que les industriels s’approprie la culture de l’efficacité énergétique, se forment à mettre en œuvre des actions, et apprennent à valoriser leurs retours d’expériences (2). L’occasion pour eux de s’insérer dans la transition énergétique, avec des investissements restreints, est une opportunité en termes de responsabilité environnementale, d’image, de motivation de leurs équipes, et de réduction de leurs coûts énergétiques.

(1) Cf. Les Échos des 2 et 3 mars 2018.
(2) Voir notamment le rapport sur www.entreprises.gouv.fr/etudes-et-statistiques/acteurs-offre-et-marche-d….

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