Édito : Le levier puissant de l’efficacité énergétique

Depuis que l’Agence internationale de l’énergie est devenue un chantre de l’efficacité énergétique, ces rapports deviennent de vrais plaidoyers. Le dernier en date*, sorti le 5 octobre, insiste fortement sur les progrès réalisés, tout en avertissant de ne pas s’endormir sur nos lauriers, les politiques publiques ayant encore largement de quoi s’améliorer en la matière.

L’intensité énergétique mondiale a ainsi diminué en moyenne de 2,1 % par an depuis 2010 alors que ce taux n’était que de 1,3 % entre 1970 et 2010. Pour la seule année 2016, la baisse est de 1,8 % et elle représente l’équivalent d’une économie de 2200 Md$. Les pays développés ayant des politiques d’efficacité énergétique depuis de nombreuses années pèsent dans ce résultat mais peut-être pas encore suffisamment. Car sans la Chine, qui elle aussi déploie de grands efforts, la baisse de l’intensité énergétique n’aurait été que de 1,1 % en 2016. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre, où l’efficacité doit être trouvée dans tous les secteurs et tous les pays. En priorité peut-on même ajouter, puisque le poids des économies d’énergie dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre est trois fois plus important entre 2014 et 2016 que celui des énergies renouvelables (respectivement 1,5 Gt CO2eq et 0,5 Gt CO2eq). C’est ce qui permet pour l’instant de stabiliser les émissions de GES à environ 32 Gt CO2, malgré la hausse du PIB mondial.
Autres effets : la baisse des factures tant aux niveaux nationaux (baisses d’importation de 50 Md$) que des ménages (300 Md$ économisés) dans le monde en 2016 ; et des investissements dans le secteur de l’efficacité énergétique qui ont augmenté de 9 %, à 231 Md$.

Mais aujourd’hui encore, 68 % des usages énergétiques ne sont pas couverts par des politiques. Brian Motherway, directeur de la division Efficacité énergétique à l’AIE note même que 2016 est l’année avec le moins d’avancées en termes de politiques depuis 2009. On bénéficie donc encore de celles d’hier mais ce sont bien les politiques d’aujourd’hui qui feront les gains de demain ! L’AIE pointe ainsi les secteurs du bâtiment (sur la climatisation notamment) et du transport comme porteurs de grands potentiels d’économies à mettre en œuvre.

Le rapport, très riche en données et qui fait un focus sur l’Indonésie, ne peut se résumer à ces quelques lignes, mais il prouve que désormais (et vous en étiez certainement convaincus en tant que lecteur d’Énergie Plus) la maîtrise de l’énergie est le levier le plus puissant de la transition énergétique.

* Rapport disponible sur www.iea.org/efficiency/

LIEN(S) : Article paru dans la revue ENERGIE PLUS n°593 du 15 octobre 2017

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