Édito : La cogénération passe, et Trump nous inquiète

Partageons cet édito en deux : une bonne nouvelle sur une filière nationale et une mauvaise nouvelle pour la dynamique internationale sur la transition énergétique.

La bonne : un arrêté du 3 novembre 2016 a fixé les conditions d’achat et le complément de rémunération pour l’électricité produite par les cogénérations (J.O. du 15 novembre). Il était attendu depuis le décret sur le complément de rémunération du 27 mai 2015 qui avait fait l’objet de plusieurs analyses dans nos colonnes (voir Énergie Plus n°563 et la tribune de Patrick Canal, délégué du Club Cogénération de l’ATEE dans le n°572). L’arrêté est conforme aux dispositions attendues par la filière et ouvre la porte à de nouveaux marchés de production de chaleur et d’électricité décentralisée sur les puissances inférieures à 300 kW (tarif d’achat) et entre 0,3 et 1 MW (complément de rémunération). Certains aspects, notamment en matière d’attestation de conformité des micro-cogénérations, devront cependant être retranscrits dans les contrats sans pénaliser les porteurs de projets.

La mauvaise : Donald Trump, milliardaire et Républicain soi-disant anti-establishment a été désigné 45e président des États-Unis. Ses positions favorables à l’exploitation massive des énergies fossiles sur le territoire américain et au réexamen de l’Accord de Paris sont bien connues. Le personnage aux nombreuses élucubrations se dit pragmatique, mais reste souvent vague sur ses mesures concrètes. Il veut juste un “America-First energy plan”*, c’est-à-dire l’autonomie énergétique nationale grâce aux ressources fossiles. On se croirait retourné à la ruée vers l’or noir. Un prix du carbone ? «Ce n’est qu’une taxe sur le consommateur américain», dit celui qui a vu dans le changement climatique une invention des Chinois (ce serait un comble de la part de ce pays fort consommateur de charbon…), sans comprendre que la baisse des émissions de CO2 aiderait à avoir un air et une eau propres, apparemment sa seule obsession environnementale. Une fois officiellement à la Maison Blanche, certains espèrent que Donald Trump comprendra mieux la complexité des enjeux climatiques. Mais l’ancienne vedette de téléréalité semble droit dans ses bottes, figé dans une posture où armes et pétrole sont prioritaires. Pas sûr que cela génère un avenir radieux…

* Voir son discours du 22 septembre 2016

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