Des politiques climatiques ambitieuses permettraient d’éviter 700 000 décès prématurés en réduisant la pollution atmosphérique

Édito : Des EnR en progression…toute relative

Dans un élan commun, RTE, le SER, Enedis et l’Association des distributeurs d’électricité en France (ADEeF) ont publié la septième édition de leur Panorama de l’électricité renouvelable. Cette nouvelle version (1), désormais trimestrielle, rapporte chaque filière aux objectifs 2018 de la programmation pluriannuelle des investissements. À fin juin, le parc de production d’électricité renouvelable en France métropolitaine dispose d’une puissance de 44 750 MW dont 57 % connectés au réseau de RTE et 39 % sur le réseau d’Enedis. La ressource hydraulique reste majoritaire, avec 25,5 GW, suivie de l’éolien (10,8 GW), du solaire photovoltaïque (6,5 GW) et des bioénergies (1,9 GW). La production d’électricité atteint 94 TWh sur une année glissante – aux deux-tiers par l’hydraulique –, soit presque 20 % de la consommation française.

Il manque 6 450 MW au parc pour atteindre l’objectif de 2018. Mais les files d’attente des projets sont très importantes et devraient largement combler l’écart… si les sites arrivent au bout des procédures. On dénombre ainsi potentiellement 7 958 MW de projets éoliens terrestres, 3 258 MW éolien offshore, 2 075 MW solaire, 398 MW en bioénergies et 498 MW hydraulique.
Selon ce panorama, le second trimestre de 2016 a connu une forte dynamique de raccordement d’EnR : +758 MW dont 158 MW pour les bioénergies. Mais ce dernier chiffre est trompeur. Il est dû à hauteur de 150 MW à la centrale Provence 4 de Gardanne (voir Énergie Plus n°561). Les 8 MW restant viennent d’installations biogaz. Ceci appelle deux commentaires. Premièrement, il y a un trou d’air dans la filière bois-énergie, à cause d’une forte concurrence du gaz naturel. Deuxièmement, la filière biogaz ne va guère mieux. Avec 12 MW depuis début 2016 (2), elle atteint à peine un tiers des puissances installées annuellement depuis 2011. Les incertitudes et lenteurs sur les nouveaux modes de rémunération en sont la cause. Ils ont conduit les professionnels à réduire les effectifs. C’est un mauvais signe pour l’avenir, si les conditions réglementaires et financières ne sont pas clarifiées très rapidement (3). Dans le biométhane, les bons chiffres (+79 GWh injectés au premier semestre 2016 contre 32 GWh sur la même période de 2015) sont aussi trompeurs : ils sont dus uniquement à l’installation de Fonroche à Villeneuve/Lot. Comme le dit le délégué du Club Biogaz de l’ATEE, Marc Schlienger : «Une hirondelle ne fait pas le printemps»…

(1) Voir sur www.rte-france.com, Actualités du 08/09.
(2) Voir le tableau de bord biogaz du ministère de l’énergie sur www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr, rubrique “Énergies et Climat / Publications”.
(3) Un arrêté en cours de publication prévoit la prolongation jusqu’à fin décembre 2016 du tarif d’achat d’électricité du 15 octobre 2015.

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