Édito : + 70 % d’énergies renouvelables en 2028 selon l’ADEME

Le débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est l’occasion pour beaucoup d’acteurs de prendre ou redonner leur position sur la transition énergétique. L’Ademe ne fait pas exception et son nouveau président Arnaud Leroy a récemment présenté les messages clés de l’Agence*. On y retrouve sans surprise les grandes lignes de ses différents travaux depuis quelques années : c’est notamment grâce à sa vision de long terme (2035-2050) que la bonne orientation pour l’horizon 2028 de la PPE peut être choisie. La réduction des consommations d’énergie est bien sûr la condition n°1 de la réussite de la transition et l’Ademe rappelle qu’un objectif de baisse de 30 % dans le secteur résidentiel/tertiaire et de 50 % dans les transports est tout à fait atteignable en 2030 avec des politiques adaptées.

L’Ademe estime aussi qu’il est «techniquement possible et économiquement souhaitable» d’augmenter de 70 % la production d’énergies renouvelables d’ici fin 2028, par rapport à 2016. Cela veut dire passer de 90 à 201 TWh pour les EnR électriques, de 164 à 237 TWh pour la chaleur renouvelable, et de 36 à 51 TWh pour les biocarburants et le biogaz injecté. Cinq filières permettent de remplir 90 % de ces objectifs : l’éolien (+72 TWh), le solaire photovoltaïque (+33 TWh), le bois-énergie (+28 TWh), les pompes à chaleur (+21 TWh) et la méthanisation (+27 TWh). Notre dossier pointe justement la situation actuelle de la filière biogaz. Les propositions sont nombreuses pour accélérer son déploiement mais la volonté des pouvoirs publics reste à confirmer dans des mesures concrètes. L’enjeu, comme le montre l’Ademe, est de tripler le nombre d’installations d’ici 2028 pour que le biogaz soit à la source de 5 à 6 TWh d’électricité, plus de 3 TWh de chaleur, et de 20 à 22 TWh de biométhane injecté. Si les modèles économiques doivent être affinés, Arnaud Leroy a bien précisé que la transition doit passer par un équilibre territorial : selon lui, le soutien aux EnR, et notamment le biogaz, doit être politiquement assumé pour que tous les territoires s’embarquent dans la transition, même dans les zones où la production est plus chère. La transition, c’est aussi la redistribution des gains.

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