Édito : 2017, année politique

Cette nouvelle année 2017 sera politique. Eminemment politique. Et ce ne sera pas sans conséquences sur les questions énergétiques et environnementales. Outre-Atlantique d’abord, puisque dans quelques jours Donald Trump sera investi 45e président des États-Unis. La nomination de Rick Perry au poste de secrétaire à l’énergie va probablement conduire à une plus grande utilisation des énergies fossiles : l’ex-gouverneur du Texas pendant 15 ans n’a rien eu à redire au boom des forages sur les terres de l’État dont il est originaire. Mais, information moins connue, il a aussi laissé courir le développement des énergies renouvelables (1). En fait, c’est un conservateur “pur jus” qui milite pour un minimum (voire pas) de réglementation de l’État fédéral afin de développer un maximum de business, fût-il “green”. Aura-t-il la même logique à la tête d’un ministère dont il demandait la suppression il y a quelques années ?

On n’oubliera pas aussi que l’Allemagne organise ses élections fédérales après août. Le poids des Verts qui a bien influencé les gouvernements depuis 20 ans sera-t-il remis en cause par la poussée de l’extrême droite qui les dépasse désormais dans les sondages ? On imagine mal les Allemands remettre en cause l’Energiewende mais la recomposition de l’échiquier politique pourrait redéfinir les priorités du pays.

En France, bien sûr, nous allons vivre l’élection présidentielle et les élections législatives. Si les discours des prétendants sont encore peu orientés sur l’énergie et l’environnement, il est probable qu’ils en parleront, au moins par intermittence. Les positions sur la transition énergétique sont peut-être plus proches qu’on ne le pense, sauf sur le point clivant du nucléaire. Un sondage de WWF (2) montrait en fin d’année que les Français, eux, souhaitent la continuité : plus de 85 % veulent que le prochain gouvernement se tienne aux objectifs fixés par la loi de transition énergétique pour la croissance verte en matière d’énergies renouvelables et d’économies d’énergie. On peut espérer que les candidats à la présidence entendent ce mouvement de fond pro-transition. Energie Plus consacrera justement un numéro spécial à l’élection présidentielle en avril pour éclaircir la position de chacun d’entre eux.
D’ici là, l’équipe de rédaction vous adresse ses vœux de bonheur, santé et réussite pour 2017.

(1) entre 2000 et 2013, la capacité éolienne est passée de 116 à 11 000 MW au Texas.
(2) sondage mené en octobre 2016 auprès de 1005 personnes représentatives de la population française.

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