Écologie et politique : la rupture des présidentielles

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Selon une note présentée par la Fabrique Écologique en mai dernier, l’écologie a connu pendant la période électorale une triple rupture : politique, médiatique et électorale. Pour comprendre ce phénomène, le groupe de réflexion mis en place par le think tank s’est appuyé sur des données issues des travaux du Cevipof, d’enquêtes, de sondages, d’analyses des programmes, des débats télévisés et des résultats, ainsi que sur des auditions des principaux intervenants ou de leurs représentants.

Enjeu important mais non prioritaire

Le nombre de Français qui se déclarent sensibles à l’environnement atteint pourtant un record historique, même si l’enjeu n’est pas prioritaire. Il s’agit en effet d’une préoccupation lointaine qui renvoie à une question de plus en plus globale. Malgré l’envie de modifier leurs comportements, les Français sont freinés par les contraintes budgétaires ou matérielles.

Rupture médiatique

La sensibilité des Français au changement climatique est par ailleurs directement liée à ses traitements médiatique et politique. Or, même si les résultats étaient limités, les présidentielles depuis 1974 ont toujours porté, jusqu’en 2017, un(e) candidat(e) étiqueté(e) d’une manière ou d’une autre “écologique”. Mais la dégradation régulière de l’écologie dans le champ politique à partir de 2012 a mené simplement à la disparition de l’étiquette “écologiste” lors des dernières élections, après que Yannick Jadot (EELV) ait rallié Benoit Hamon (PS). En revanche, plusieurs “grands” candidats avaient fait de la question environnementale un élément structurant de leur programme, à l’image de Jean-Luc Mélenchon et de Benoit Hamon (voir Énergie Plus n°584).

Ensuite, les thèmes environnementaux ont été presque inexistants dans le débat électoral, après les primaires : «La question du climat elle-même n’a pratiquement pas été portée, malgré son importance décisive», insiste la note.

Enfin, il y a eu un éclatement du vote écologiste : au premier tour de la présidentielle, l’électorat proche d’EELV s’est partagé entre Jean-Luc Mélenchon, Benoit Hamon et Emmanuel Macron.

Géraud Guibert, président de La Fabrique Ecologique, résume : «L’écologie n’a pas joué le rôle fédérateur qu’elle aurait pu jouer.»

LIEN(S) : Lisez l'article complet dans le dans le numéro 609 d'Énergie Plus

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