Dramatique retour des énergies fossiles

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Les récentes données de 2017 publiées par Enerdata affirment que le monde a repris sa course folle à la consommation d’énergie, engendrant de plus grandes émissions de gaz à effet de serre (GES).

Ainsi, les chiffres mettent cruellement en lumière le gouffre qui sépare le comportement actuel de l’humanité de celui qu’elle devrait avoir pour contenir le réchauffement planétaire moyen à 2°C.

Voici en quelques points clés ces tendances analysées par Enerdata, à partir des données sur les pays du G20 qui représentent plus de 80 % de la consommation dans le monde.

Croissance économique

Alors que la croissance économique était ralentie depuis trois ans dans le monde, uniquement tirée par les pays hors OCDE, l’année 2017 voit une reprise nette. Le G20 affiche une accélération à +3,7 % de son PIB, soit son niveau moyen de 2000 à 2015. L’Union européenne et les États-Unis dépassent les 2% de croissance. Les pays de l’OCDE affichent une hausse de leur PIB de 2,5 %.

Hausse globale de la consommation d’énergie

Mécaniquement, la hausse de l’activité économique conduit à une augmentation de 2 % de la consommation d’énergie dans le G20. On arrive à un taux certes moindre que la croissance du PIB mais qui est tout de même le double de l’année 2016 et largement au-dessus de la moyenne 2005-2015 !

Toujours plus de fossiles

La consommation d’énergie dans le monde, dominée par le pétrole, présente un autre visage à l’échelle du G20 : c’est le charbon qui est devant avec une part d’environ 32 % contre 30 % pour le pétrole, suivis à 20 % par le gaz.

Le poids de la Chine explique cette situation: elle produit 67 % de son électricité avec du charbon et représente à elle seule la moitié de la consommation du G20 de cette ressource.

Certains pays qui se désengagent du carbone arrivent à faire baisser leur consommation comme les États-Unis , l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Mais d’importantes hausses en Inde, en Turquie, en Russie et en Chine font que la consommation de charbon a augmenté d’1 % en 2017 dans le G20 après trois années de déclin.

Idem avec le pétrole dont la hausse frôle les 2 % dans le G20 à cause de très fortes augmentations de consommation en Inde et en Chine, complétées par des reprises au Brésil et une croissance toujours soutenue de +1,5 % environ en Europe.

Le gaz affiche lui aussi une hausse conséquente (+3 %), là aussi avec des taux importants en Chine (+15 %), en Russie (+8 %), en Inde (+4,8 %) et même en Europe (+4 %).

Forte progression des renouvelables électriques

Avec l’électrification des usages, la consommation d’électricité continue de croître dans le G20, à raison de 2 à 3 % par an en moyenne, principalement par de fortes hausses dans les pays hors OCDE. Les sources renouvelables profitent le plus de cette tendance et connaissent un fort développement : elles ont crues de 19 % en 2017 par rapport à 2016, hors hydraulique. Avec presque 5 500 TWh produits, elles sont à la deuxième place, derrière le charbon (environ 9 000 TWh) et devant le gaz (4 000 TWh).

Hausse des émissions de CO2

Malheureusement, malgré cette pénétration plus forte des renouvelables dans l’électricité, l’usage plus grand des ressources fossiles conduit inéluctablement à une hausse des émissions de CO2 dues à l’énergie. La situation est préoccupante, pour ne pas dire alarmante.

En effet, la hausse dans le G20 est de 2 % en 2017. La Chine et l’OCDE oscillent entre +1,5 % et +2 %. L’Union européenne est passée d’une baisse des émissions en 2016 à une hausse de 1,9 % en 2017. Et des pays comme la Russie ou l’Inde sont à des taux bien supérieurs.

LIEN(S) : Pour lire le détail de cette analyse, rendez-vous dans le numéro 608 d'Énergie Plus

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