Données énergétiques locales : la révolution de l’open data dans les territoires

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Le secteur de l’énergie a ouvert ses portes à l’open data. Longtemps plébiscité par les collectivités pour bâtir leurs politiques énergie-climat, l’accès aux données des gestionnaires de réseaux et d’infrastructures d’énergie a été officialisé par l’article 179 de la loi de Transition énergétique pour la croissance verte et ses textes d’application publiés en juillet 2016. Cet afflux nouveau de données énergétiques a été enrichi par celles qui ont été mises en circulation sous l’action de la réglementation favorable à l’open data et la multiplication des usages des services numériques. Une véritable mine pour les collectivités qui souhaitent planifier leurs actions et leurs investissements, organiser et aménager leur territoire en ayant une connaissance locale et précise de la production, du transport, de la distribution et de la consommation d’énergie.

Pour rendre l’accès aux données visées par l’article 179 libre et lisible, l’État et les gestionnaires de réseau ont créé plusieurs plateformes en open data. Le ministère en charge de l’Énergie met à disposition l’ensemble des données réglementées collectées auprès des gestionnaires de réseau de distribution et de transport sur le site du Service de la donnée et des études statistiques (SDES). Enedis et GRDF ont créé aussi leurs propres plateformes. Par ailleurs, près de 150 gestionnaires de réseaux de distribution (GRD) d’énergie sont regroupés au sein de l’agence ORÉ, créée en 2017. L’intiative a ouvert sa propre plateforme en open data en avril 2018 et y publie, après leur parution sur le site du SDES, tous les jeux de données réglementaires multi-énergies et multi-gestionnaires au périmètre de la distribution de gaz naturel et d’électricité. Enfin, GRTgaz et RTE disposent aussi de portails en open data, et basculent progressivement leurs jeux de données vers la plateforme ODRÉ (Open data réseaux énergies).

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Faire adhérer les données aux besoins des collectivités

Les collectivités puisent dans les données les informations nécessaires pour approfondir la connaissance de leur patrimoine : infrastructures, réseaux, parcs de bâtiment. Elles sont également à l’affut d’éléments sur la qualité des services et d’indicateurs de performance pour piloter, à travers les concessions et délégations de service public, les contrats et l’atteinte de leurs objectifs.

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Les données énergétiques locales sont issues de sources très variées : réseaux d’électricité et de gaz, de chaleur et de froid, mais aussi des communications électroniques, de l’éclairage public, et enfin de la mobilité électrique et du GNV. L’offre est de plus en plus riche et variée, mais des acteurs, comme Amorce, relèvent qu’elle n’est encore qu’«une réponse très partielle aux besoins des collectivités».

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Pour que les collectivités prennent en main ce flux de données et les plateformes sur lesquelles elles sont relayées, la pédagogie joue un rôle très important. Les énergéticiens s’y attèlent, à l’instar des présentations faites par ORÉ sous forme de cartes et graphiques interactifs qui mettent en perspective les informations contenues par les données.

Affiner l’échelle des données ?

Permettre l’accès à des données à des mailles de plus en plus fines est une question extrêmement délicate. Plus le périmètre de la donnée diminue, plus il existe un risque de reconstitution des informations. Dans le cadre des plateformes en open data, des règles de base sur le masquage ont été établies avec le ministère afin de respecter la protection des données. Amorce soutient l’intérêt de communiquer des données de consommation d’électricité et de gaz à la maille Logement sur requête des personnes publiques (dès 2019 dans les secteurs où les compteurs communicants ont été déployés, et au plus tard en 2022), pour réussir le plan précarité et le plan de rénovation énergétique des bâtiments. En revanche, «la FNCCR ne souhaite pas forcément que les données accessibles soient trop détaillées, afin d’éviter une connaissance trop fine des individus», indique Charles-Antoine Gautier. D’ailleurs, il est peu concevable que les GRD jugent la demande de communication de ces informations recevables.

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LIEN(S) : Vous avez lu des extraits de cette enquête, parue dans Energie Plus n°631

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