Dernière ligne droite pour les objectifs 2020

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Il y a bientôt dix ans, l’Union européenne adoptait la stratégie “Europe 2020”. Celle-ci comportait cinq axes : taux d’emploi, recherche et développement, niveau d’éducation, inclusion sociale et environnement. Sur ce dernier point, Bruxelles avait décidé de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’UE d’au moins 20 % par rapport aux niveaux de 1990 voire de 30 % si des conditions favorables étaient réunies, de faire passer la part des sources d’énergie renouvelable dans la consommation finale d’énergie à 20 % et d’augmenter de 20 % l’efficacité énergétique par rapport aux projections d’activités de 2020.

Les deux premiers objectifs devraient être facilement atteints, selon les statistiques d’Eurostat. En effet, dès 2016, l’UE avait déjà réduit ses rejets de GES de 22,4 %. L’année prochaine, selon les prévisions de l’AEE, l’objectif devrait être dépassé de six points voire de sept en cas d’accélération de la tendance. Toutefois, les disparités sont importantes entre les différents pays de L’UE.

Concernant les énergies renouvelables, l’objectif devrait aussi être atteint, mais moins facilement que pour les GES. En 2017, leur part dans la consommation finale atteignait 17,5 %, à moins de trois petits points du but.

Le volet efficacité énergétique semble de son côté plus difficile à atteindre mais cela reste totalement envisageable. La consommation d’énergie primaire (CEP), qui mesure la demande totale d’énergie d’un pays, s’est élevée à 1 561 millions de tonnes d’équivalent pétrole, soit 10 % de moins par rapport à 2005. En 2020, elle devrait atteindre 1 483 Mt, soit 16,7 % de moins. Il reste donc encore des efforts à mener en la matière.

Zoom sur la France

Les engagements nationaux pris par la France à l’occasion de l’adoption du paquet énergie-climat comportaient deux objectifs similaires à ceux de l’Union européenne : réduire de 20 % ses émissions de GES par rapport à 1990 (-14 % par rapport à 2005), et améliorer de 20 % l’efficacité énergétique par rapport à une consommation tendancielle. Seul le volet énergies renouvelables avait été renforcé avec une part visée de 23 % dans la consommation énergétique finale en 2020.

À l’image de l’Europe, la France est sur une bonne trajectoire par rapport à ses émissions de GES, avec une baisse notable en 2018, de -4,2 % par rapport à 2017.

Sur les autres objectifs, la France est moins confiante. Malgré un potentiel conséquent, la part du renouvelable dans notre consommation finale brute d’énergie n’était que de 16,5 % en 2018. Or, ce chiffre devrait se situer autour de 20,5 % dans la trajectoire visée pour 2020. L’enjeu d’amélioration de 20 % de l’efficacité énergétique en 2020 semble également compromis. La France a adopté plusieurs mesures dans le secteur du bâtiment, des transports ou de l’industrie, pour optimiser l’efficacité énergétique, mais la diminution de la consommation primaire reste au-dessous de la trajectoire fixée.

LIEN(S) : Cette enquête est à lire dans le n°637

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