Cultiver l’efficacité énergétique

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L’adoption de solutions d’économies d’énergie dans le secteur agriculture-forêt répond davantage à l’enjeu d’en réduire les émissions de GES qu’à celui d’en diminuer la consommation d’énergie. En effet, celle-ci représente “seulement” 3 % de la consommation totale d’énergie en France (4,5 Mtep), tandis que le secteur émet près de 20 % des émissions nationales de GES. La facture énergétique demeure néanmoins une charge importante pour les exploitations agricoles. L’Ademe a étudié deux scénarios de diffusion des solutions d’économies d’énergie, applicables aux cultures, aux productions animales et à l’usage des carburants, permettant aux exploitations agricoles de baisser leur consommation globale d’ici à 2050. Elle passe également en revue 43 solutions énergétiques. (…)

Le premier scénario, dit “tendanciel” (scénario AME), se base sur la diffusion des meilleures technologies disponibles, selon un rythme prévisionnel élaboré à partir des connaissances actuelles sur le développement de ces solutions et les modalités financières qui existent déjà, comme les CEE et les PCAE (plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles). (…)

Le second scénario, dit “volontariste” (scénario AMS), est basé sur les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone, dans laquelle on attend une division par deux des émissions de GES. Dans ce cas, les rédacteurs aboutissent à une baisse de la consommation énergétique de 23 % en 2035 et de 43 % en 2050. (…)

La consommation de carburants des cultures, par rapport aux consommations d’énergie induites par l’irrigation, les serres et les bâtiments d’élevage, est l’une des différences principales entre les perspectives des scénarios. (…)

Soutenir les investissements

Le rapport évalue également l’efficacité des accompagnements à l’investissement auxquels les exploitations agricoles ont pu faire appel ces 15 dernières années. Les certificats d’économies d’énergie (CEE), notamment, ont été largement sollicités par les serristes, et de façon un peu moins significative par les équipements du bloc de traite en production laitière. «Les opérations standards des CEE, quand elles sont disponibles, n’engendrent pas suffisamment de certificats pour les rendre intéressantes individuellement», pointent les rédacteurs. (…)

En plus de poursuivre les dispositifs d’aide à l’investissement, le rapport conclut, et insiste, sur la nécessité d’une appropriation territoriale des enjeux par les acteurs agricoles et une organisation collective à partir de groupements d’agriculteurs.

LIEN(S) : L'étude est décryptée en entier dans Energie Plus n°623

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