Cultiver le potentiel énergétique des bois hors forêt

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Les pratiques de l’agroforesterie se répandent sur le territoire français. Ses vertus écologiques, environnementales et économiques séduisent.

Les arbres hors forêt représentent un peu plus de 6 % de la ressource en bois énergie. En 2030, selon le scénario Afterres2050 développé par Solagro, cette proportion devrait grandir à 9 %, puis en 2050 à 10 %. En effet, chaque hectare hors forêt fournirait en moyenne près de 0,5 m3 de bois par an, dont près de 70 % exploitable comme bois-énergie. Ainsi, «en 2050, on aurait 36 TWh de bois énergie issu de l’agroforesterie et des arbres hors forêt, sur un total de 371 TWh fournis par les bioénergies», résume Frédéric Coulon, spécialiste “stratégies agricoles territoriales” de Solagro.

Les parcelles agroforestières, en associant les arbres et les cultures ou les élevages sans les faire entrer en compétition, répondent à double enjeu. Celui de conserver les surfaces agricoles et d’en améliorer la production pour répondre aux besoins alimentaires, tout en permettant de multiplier les espaces arborés et d’en récolter les bénéfices sur le changement climatique (séquestration de carbone), la biodiversité (multiplication des insectes polinisateurs) et la ressource bois (bois-énergie et bois d’œuvre).

L’intérêt des agriculteurs français pour les pratiques agroforestières est croissant, notamment en raisons de ses vertus pour l’amélioration paysagère, la préservation de la biodiversité, la protection des parcelles, etc.

Encadrer la gestion et pérenniser la ressource

Mais la mobilisation du bois bocager souffre en plus d’une absence d’encadrement. Il faut assurer une gestion pérenne des haies pour revaloriser leur intérêt socio-culturel autant qu’économique, et permettre leur usage notamment à des fins énergétiques. , l’accompagnement financier et technique des agriculteurs se construit autour d’une petite centaine de structures. L’Afac-Agroforesteries, association nationale d’experts des haies et de l’arbre champêtre, a par exemple lancé, le 4 octobre, le label Bois Haie, qui répond au double objectif de produire du bois énergie et du bois d’œuvre avec les garanties d’une ressource renouvelée et de la reconstitution des paysages bocagers durables et fonctionnels.

LIEN(S) : Vous avez lu un tiers de cet article, qui fait partie de notre dossier Bois-énergie

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