Crise climatique et inégalités sociales

Mi-septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé de porter l’objectif européen de réduction des gaz à effet de serre de 40 à 55 % pour 2030 (par rapport à 1990). Cette hausse de l’objectif devrait, selon cette instance, permettre à l’Union européenne de se placer sur une bonne trajectoire pour tendre vers la neutralité carbone à l’horizon 2050. Une Europe qui a pour le moment réussi à diminuer de 25 % ces émissions en trois décennies. Reste encore à aller chercher 30 % de réduction d’émissions, et ce en moins de 10 ans… ce qui nécessitera des plans d’actions plus nombreux et surtout beaucoup plus ambitieux. Les secteurs du bâtiment, de l’industrie et bien évidemment des transports, avec en tête ceux maritime et aérien, seront en première ligne. Mais pour que ces politiques environnementales soient réellement pertinentes, elles devront également s’attaquer aux inégalités sociales. C’est le constat fait par Oxfam International dans un rapport tout juste publié. Selon ce dernier, entre 1990 et 2015, les 10 % les plus riches de la population mondiale (environ 630 millions de personnes) sont à l’origine de 52 % des émissions de CO2 cumulées, les 40 % se trouvant dans la “classe moyenne mondiale” (environ 2,5 milliards de personnes) de 41 % des émissions et les 50 % les plus pauvres généraient seulement 7 % des émissions. «Comme le démontre le nouveau rapport d’Oxfam, notre modèle économique actuel agit comme un catalyseur du changement climatique catastrophique et des inégalités tout aussi désastreuses. La pandémie de Covid-19 fait inévitablement ressortir la nécessité de reconstruire mieux et d’inscrire l’économie mondiale sur une voie plus juste, plus durable et plus résiliente. Cet engagement collectif doit avoir comme priorité de réduire les émissions de CO2 de la frange la plus riche de la société, qui pollue de manière disproportionnée», a ainsi tenu à rappeler Ban Ki-moon, vice-président du groupe The Elders et ancien secrétaire général des Nations unies, en introduction du rapport.

LIEN(S) : Cet Edito introduit le n°651

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