Coup de chaud sur les océans

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Explorer à partir de multiples travaux scientifiques les liens entre la crise climatique et les évolutions des océans et de la cryosphère : c’est la mission que s’est donné le Giec dans son nouveau rapport spécial. Il évalue près de 7000 articles avec la contribution de 104 auteurs et éditeurs de 36 pays.

Cette étude souligne la rapidité de la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. La superficie de la glace arctique estivale diminue de son côté de 13 % par décennie, tandis que les glaciers et le pergélisol sont également menacés. Cela pourrait aggraver le réchauffement des températures globales car le dégel de ce sol emblématique des hautes latitudes libérera d’énormes quantités de CO2 et de méthane supplémentaires dans l’atmosphère.

Le rétrécissement de la surface de glace en Arctique risque également d’accélérer le réchauffement en réduisant la réflectivité de la Terre. Ces phénomènes de fonte des calottes et des glaciers de montagne ont entrainé une hausse de 15 cm du niveau des mers pendant le XXe siècle. Cette élévation atteindra entre 0,43 m et 1,10 m d’ici la fin du siècle selon les scénarios d’émissions. L’eau va aussi se réchauffer. D’ici à 2100, elle absorbera deux à quatre fois plus de chaleur que pendant la période allant de 1970 à l’heure actuelle si le réchauffement planétaire est limité à 2 °C, ce qui est loin d’être acquis. Les cyclones seront aussi plus fréquents et plus violents.

Malgré ces prévisions préoccupantes, les scientifiques veulent conserver un brin d’optimisme. Ils estiment que de nombreuses solutions d’adaptation existent. Le rapport préconise d’investir dans des stratégies de prévention, notamment d’installer des appareils d’observations en mer, des équipements météorologiques et des systèmes d’alerte. Le déploiement de ces technologies coûtera moins cher que les réparations après un désastre climatique. Il faudra aussi protéger directement les populations en construisant des digues ou en surélevant les bâtiments. Néanmoins, tous les efforts entrepris risquent de ne pas suffire. À long terme, il faudra forcément se décider à organiser l’évacuation de certaines populations.

LIEN(S) : Retrouvez l’article complet dans Énergie Plus n°633

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