« Contrôler les parcours de qualification »

Entretien avec Alexandra Del Medico, secrétaire générale de Qualifelec, et Thierry Grosdidier, responsable du Service technique de Qualifelec

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Entretien avec Alexandra Del Medico, secrétaire générale de Qualifelec, et Thierry Grosdidier, responsable du Service technique de Qualifelec

Impliqués dans plusieurs solutions pour la transition énergétique, les installateurs électriciens doivent justifier de différentes qualifications selon les marchés qu’ils adressent. Mais les soutiens publics conditionnés à la mention RGE créent un flux de nouveaux entrants. Qualifelec appelle à la vigilance sur ceux qui manqueraient de compétence.

Quelles sont les évolutions que vous constatez, en lien avec la transition énergétique ?

Alexandra Del Medico : Les 6500 entreprises qui ont une de nos qualifications ne sont pas toutes concernées, mais on sent bien sûr qu’elles sont intéressées par les nouveaux marchés de la transition. Par exemple, sur les infrastructures de recharges de véhicules électriques (IRVE), on compte déjà plus de 600 entreprises qualifiées. La partie “courant fort” est vraiment au cœur des activités des électriciens mais elle va trouver de plus en plus une connexion avec le développement des “courants faibles” pour le pilotage énergétique des bâtiments, les objets connectés, etc. (…)

Vous êtes néanmoins très vigilants sur l’installation de panneaux photovoltaïques…

A. Del M. : Le développement des EnR pose question avec un encadrement du marché qui n’est pas simple. Depuis l’arrêté autoconsommation qui exige la qualification RGE en cas d’injection sur le réseau, on voit un nouveau flux de demandes arriver. Même si ce volume reste relativement faible au regard du nombre de certificats de qualification que nous délivrons– environ 15% de nos entreprises qualifiées – ces demandes de RGE mobilisent beaucoup de notre énergie car nous redoublons d’effort pour assurer un contrôle optimal.

Thierry Grosdidier : La filière solaire en général voit pas mal de demandes de qualification. Pour les puissances au-delà de 100 kWc, il n’y a pas de risque car ce sont des professionnels qui ont l’habitude de subir un contrôle technique avant mise en service. En deçà de cette puissance, le contrôle ne se fait que sur un faible échantillonnage après travaux. Globalement, les pouvoirs publics ont décidé d’ouvrir largement le marché, puis, en cas de problème, d’inciter éventuellement les entreprises à améliorer leurs compétences par des formations. On appelle à la vigilance car les moyens de contrôle des pratiques commerciales douteuses sont insuffisants.

Quelle est la solution que vous préconisez ?

T. G. : Faire confiance c’est bien, mais le contrôle c’est mieux. Et de préférence le contrôle avant la mise en service d’une installation ! (…) L’opportunité n’a pas été saisie par les pouvoirs publics de mettre en place des contrôles exhaustifs sur la performance d’une installation avant la mise en service. (…) Nous voyons donc des risques de malfaçons avec l’autoconsommation et encore pire avec le stockage sur batterie, qu’il serait dangereux de mettre en œuvre sans habilitation électrique spécifique. C’est pourquoi la mention développée dans notre référentiel sur l’autoconsommation nécessite d’avoir une habilitation « batteries stationnaires »,qui correspond à des savoir-faire très précis.

(…)

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