Commission Stern-Stiglitz : nécessaire prix du carbone

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La Commission de haut niveau sur les prix du carbone, coprésidée par Nicholas Stern et Joseph Stiglitz, a rendu son rapport ce lundi 29 mai à Berlin au sommet Think20 (disponible ci-dessous). Lors de la COP22 à Marrakech, il lui avait été demandé d’explorer les tarifications et niveau de prix du carbone susceptibles d’orienter les économies mondiales vers les objectifs de l’Accord de Paris. Les politiques climatiques doivent en effet être soigneusement conçues pour être compatibles avec la croissance, le développement et la réduction de la pauvreté.

Selon la Commission, l’analyse des données est sans appel : il est nécessaire d’avoir au minimum un prix de 40-80 dollars par tonne de CO2 dès 2020 et de 50-100 $/tCO2 en 2030. Ces derniers niveaux étaient déjà connus mais celui de 2020 nécessite une accélération importante des politiques publiques en la matière car aujourd’hui, à titre d’exemple, la tonne de CO2 ne s’échange sur le marché européen des quotas qu’entre 4 et 5 euros ! Sans compter que 87% des émissions dans le monde ne sont pas tarifées aujourd’hui.

Les rapporteurs insistent donc sur le fait que tous les pays doivent engager des mesures de politiques climatiques. Si d’autres solutions peuvent être mises en avant pour initier une démarche, la coopération internationale doit permettre la cohérence des actions entre pays, par exemple avec des transferts financiers internationaux. Mais au regard de la diversité des situations des pays, les prix du carbone pourront varier, notamment dans les pays à faible revenus où ils pourront être sous le niveau préconisé car des actions complémentaires sont moins onéreuses. Néanmoins, à long terme, le rapport indique qu’il est souhaitable que les prix convergent.

Dans son rapport, la Commission a étudié les différentes manières de donner un prix au carbone. La tarification explicite par une taxe ou un marché de quotas est la plus connue et a d’une certaine façon sa préférence car elle permet d’augmenter les ressources fiscales : une redistribution est donc possible pour favoriser une croissance équitable. La tarification explicite peut aussi être mise en œuvre via des « prix notionnels intégrés dans des outils de financement, et des incitations pour les investissements et les comportements bas-carbone ». Deux outils complémentaires peuvent être utilisés : la valeur socio-économique du carbone dans les choix du secteur public (shadow pricing tel que la valeur tutélaire du carbone qui avait été définie en France en 2009) et le prix du carbone interne aux entreprises (voir Energie Plus n°573).

Soutenue par le gouvernement français et la Banque mondiale, la Commission a réuni 13 économiste de plusieurs pays (Chine, Allemagne, Etats-Unis, Inde, Mali, Brésil, Afrique du Sud) dont l’économiste en chef de l’Agence française de développement Gaël Giraud. De nombreux travaux ont été compilés dont ceux d’entités françaises comme le Cired et I4CE.

 

Rapport de la Commission de haut niveau sur les prix du carbone :

 

FICHIER(S) ATTACHE(S) : Rapport de la Commission de haut niveau sur les prix du carbone

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