Collectivités et politique d’incitation à la rénovation énergétique : comment remplir les objectifs nationaux?

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Teksial a profité de la tenue du Salon des maires pour présenter une étude, réalisée par CODA Stratégies, portant sur les politiques d’incitation à la rénovation énergétique des collectivités territoriales. Cette enquête qualitative, menée auprès de 36 collectivités, révèle que celles-ci sont démunies : «Elles sont démunies face aux objectifs de rénovation énergétique des bâtiments, démunies en termes de moyens, démunies aussi pour répondre aux attentes de leurs administrés, qui sont des attentes élevées », témoigne Matthieu Paillot, président de Teksial.

Acteurs publics et privés doivent œuvrer ensemble

Les Français sont globalement favorables à la rénovation énergétique mais 78 % d’entre eux méconnaissent les aides existantes (résultats du baromètre Monexpert-renovation-energie.fr, voir Énergie Plus n°615). Dans ce contexte, comment accélérer la rénovation énergétique, au-delà des simples bonnes volontés ? L’étude, qui établit également un bilan des réalisations en regard des objectifs nationaux, met en exergue les opportunités de partenariats entre les acteurs publics et privés, pour aller vers plus d’efficacité.

Les enseignements majeurs qui se dégagent de l’étude sont les suivants :

  • Les collectivités mènent des politiques volontaristes mais l’impact demeure en deça des enjeux de la transition énergétique : en effet, parmi les collectivités interviewées, la moyenne des objectifs de rénovation représente 0,3 % du parc total des logements du territoire. Rapporté au parc français, ce sont 90 000 rénovations par an, pour un objectif national de 500 000;
  • Les collectivités ciblent légitimement leurs actions vers les ménages modestes et très modestes. En conséquent, les publics “hors cibles” sont marginalement concernés, ce qui ne permet pas d’engager une transition massive du parc de logements sur le territoire;
  • L’effet de levier des nouveaux instruments, comme les certificats d’économies d’énergie (CEE), est largement ignoré des collectivités (hormis concernant leur patrimoine propre et le logement social);
  • Les collectivités doivent devenir animatrices de la transition énergétique auprès des acteurs privés sur leur territoire, tout en conservant leurs prérogatives en matière de distribution des aides à la rénovation;
  • Elles perçoivent la nécessité de travailler avec les acteurs privés, mais ne disposent pas aujourd’hui de “mode d’emploi” pour créer la dynamique;
  • Une dynamisation de l’écosystème territorial de la rénovation territoriale passera donc par une meilleure connaissance des acteurs et des offres privées, la définition de stratégies claires de positionnement et une évolution des compétences.

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