Cit’ergie plein d’énergie

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Plus de 200 collectivités sont aujourd’hui engagées dans le programme d’accompagnement et de labellisation Cit’ergie. Cette démarche offre un cadre et une méthodologie de travail pour conduire une politique climat-air-énergie territoriale, tout en poussant continuellement les acteurs à se challenger.

Traditionnellement, les Assises européennes de la transition énergétique sont l’occasion pour l’Ademe de remettre officiellement leurs diplômes aux collectivités labellisées Cit’ergie. Cette année, la cérémonie a été reportée, mais une table ronde digitale a réuni quelques intervenants venus témoigner des apports du programme dans la transition énergétique et écologique de leur territoire. En ce début 2021, cinq collectivités peuvent désormais se féliciter d’avoir atteint le niveau Gold du label, parmi lesquelles Échirolles, près de Grenoble. L’adjoint au maire de la ville, Daniel Bessiron souligne la transversalité que la démarche a permis d’introduire dans la façon de travailler de la collectivité. «Avant de s’engager dans Cit’ergie, les élus, les agents et les services fonctionnaient, comme c’est le cas dans beaucoup de collectivités, de manière cloisonnée. Le programme a apporté une approche transversale, source d’une véritable dynamique entre les acteurs. Cit’ergie permet d’atteindre des objectifs qualitatifs, car les projets intègrent dès la phase amont cette approche décloisonnée, indispensable au développement durable.» Même au niveau Gold, le label fait l’objet d’une remise en jeu tous les quatre ans, et la ville d’Échirolles ne compte pas se reposer sur cette victoire : «Ce label est un point d’étape», rappelle Daniel Bessiron.

Levier et outil

La progression continue est centrale dans la démarche : «Il ne s’agit pas de s’engager à être performant tout de suite, mais de s’engager à s’améliorer en permanence», résume Éric Vésine, chef du service de l’animation territoriale de l’Ademe. Depuis 2012, Niort puise dans le label le cadre et la méthodologie de travail nécessaire à la conduite de sa démarche Niort Durable 2030. Le directeur général des services, Bruno Paulmier, illustre le changement de regard et d’ambition que Cit’ergie a induit chez les élus et dans les services de l’administration niortaise : «La démarche pousse à élaborer un plan d’action sur l’existant, que l’on peut immédiatement combiner avec une recherche d’audace par rapport à la situation de départ.» En atteste la politique menée sur l’éclairage public municipal : «Nous souhaitions mettre aux normes nos points lumineux, mais nous en sommes rapidement venus à parler de Trame noire*, à échanger avec les élus sur la possibilité d’éteindre des points d’éclairage publics la nuit, d’en supprimer certains non obligatoires… Nous avons entièrement revu notre approche avec des résultats qui sont spectaculaires : les travaux sont en cours de finalisation, mais une réduction de 72 % des consommations d’énergie est attendue sur ces postes», indique le DGS.

Enfin, Cit’ergie est «une démarche interne porteuse de sens. Elle nécessite un portage politique fort qui mette en place une organisation communautaire tournant autour de la transition énergétique du territoire», conclut Annick Tual, directrice environnement et territoires de la communauté urbaine de Dunkerque, qui remet cette année son niveau Gold pour la troisième fois sur le métier.

 

* La Trame noire vise à préserver et restaurer un réseau écologique propice à la vie nocturne.


Une bonne dynamique pour la première année du label Économie circulaire

L’Ademe a lancé en 2019 le programme Économie circulaire, pendant de Cit’ergie sur la gestion des déchets et le non gaspillage des ressources. «Les objets techniques des deux labels sont distincts, mais la gouvernance, le portage politique et la structuration de la démarche sont similaires, ce qui fait de Cit’ergie et d’Économie circulaire des labels très complémentaires», indique Éric Vésine, chef du service de l’animation territoriale de l’Ademe. Les premières collectivités ont été labellisées en 2020. Elles sont au nombre de 26, parmi lesquelles 19 Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et 7 syndicats.

 

LIEN(S) : Cet article est paru dans le n°658

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