Chaudière à cogénération, la possibilité de l’îlotage

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Quelle solution technique adopter pour supplanter les cas de pannes ou de coupures électriques quand vous décidez de construire un bâtiment avec 27 chambres et différents espaces médicalisés ? Jean-Jacques Robin, le directeur du flambant neuf foyer médical de Verpillères, a eu la volonté de sortir des sentiers battus et des solutions classiques de type groupe électrogène. Pourtant, c’est bien loin des chemins du réseau de gaz que se situe le bâtiment. En pleine campagne, près de l’autoroute A1, la structure devait intégrer une solution de production de chaleur et assurer une relative continuité électrique lors de défaillances du circuit principal. Alors, quelle solution choisir ? Pompe à chaleur couplée à une chaudière à gaz ? Groupe électrogène d’appoint ? «Nous voulions une solution avec déclenchement automatique. On s’est rapproché des constructeurs de chaudière à cogénération comme Wiessmann, ils nous ont emmenés en Belgique visiter un hôpital et un hôtel spa. Cela nous a convaincu de trouver une solution technique adaptée et dimensionnée pour notre projet.» La faisabilité et la conception du bâtiment a été confiée à un studio d’architecte, et il y a eu un rapprochement entre le fabricant et Primagaz. «Amener des solutions de gaz dans un milieu rural fait partie de nos compétences. Ensuite, l’installation de chaudières à cogénération c’est d’abord un acte de volontariat. Mais avec la RT2018, voire la RT2020, nous pensons que cette technologie va se développer même du côté des particuliers lors des constructions d’habitats en plus du secteur tertiaire», indique Sébastien Debeugny, responsable des ventes chez Primagaz.

Vers une extension du domaine de la cogénération ?

Dès lors il s’agit de dimensionner la chaudière en fonction des besoins énergétiques puis de comparer les coûts induits en fonction d’une solution classique. Nicolas Wolf, ingénieur thermicien Studio d’Architecture Ranson-Bernier, précise : «On a dimensionné la machine en mode de fonctionnement continu pour avoir le moins d’arrêt possible et optimiser la durabilité du moteur, par exemple en la mettant en marche entre 6 h et 11 h du matin. On récupère la chaleur à travers les huiles et l’évacuation des fumées, chaleur qui permet de chauffer un ballon tampon de 2 000 litres et d’avoir un fonctionnement continu sur quatre à cinq heures.» Trois cuves de 1,6 tonne chacune, soit 4,8 tonnes au total stockant le combustible – du propane – ont été enterrées à côté du parking avec les conditions de sécurité nécessaires comme des rochers de protection pour éviter que les voitures passent par-dessus et, en même temps, accéder à une autonomie de plusieurs mois. «Avec une chaudière de 40 kW thermique et 20 kW électrique, nous disposons de l’énergie nécessaire en cas de coupure pour alimenter un éclairage sur deux dans les communs, l’éclairage des résidents, l’ascenseur, une prise pour frigo et une prise dans chaque chambre. Et la chaudière pourra continuer à produire de la chaleur et donc assurer le chauffage» ajoute Nicolas Wolf. Le retour sur investissement du surcoût de 35 000 euros environ par rapport à une solution classique est estimé à 8 ans. L’électricité est consommée sur place et la surproduction est renvoyée sur le réseau pour le moment de manière gratuite. «Mais très prochainement ce surplus sera revendu grâce aux dernières possibilités de contrat de rachat de l’électricité issue de la cogénération», indique Nicolas Wolf. Serions-nous au point d’extension du domaine de la cogénération ?

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