Changements climatiques : un défi immense pour les systèmes de santé

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Les conséquences négatives des phénomènes météorologiques extrêmes sur la santé humaine sont avérées. Les grandes organisations internationales en prennent conscience. Le 15 et 16 avril dernier, la Croix-Rouge française organisait une première « Cop humanitaire » réunissant 400 experts autour de ce sujet. Avec les changements climatiques en cours, ces impacts devraient se renforcer. L’OMS indique que 38 000 personnes supplémentaires par an pourraient mourir entre 2030 et 2050 du fait d’épisodes de canicule. Car si aujourd’hui, près d’un tiers de la population mondiale fait face à des pics de chaleur pendant au moins vingt jours par an, en 2100 cette proportion pourrait grimper à 70 %.

Plus de chaleur, c’est aussi moins d’eau. Le manque d’eau propre pourrait compromettre l’hygiène et augmenter le risque de maladies diarrhéiques, qui tuent près de 500 000 enfants de moins de cinq ans par an. Dans les cas extrêmes, la pénurie aboutit à la sécheresse, voire à la famine. D’ici la fin de ce siècle, le changement climatique pourrait bien étendre les zones affectées par ces phénomènes, doubler la fréquence des épisodes les plus graves et multiplier par six leur durée moyenne. La production vivrière pourrait baisser dans de nombreuses régions parmi les plus démunies, jusqu’à 50 % d’ici 2020 dans certains pays africains, entrainant des phénomènes de malnutrition et de dénutrition. 95 000 enfants supplémentaires par an pourraient mourir pour cause de sous-alimentation dès 2030.

Enfin, les conditions météorologiques influent aussi sur la transmission de maladies via l’eau ou des vecteurs animaux. Le changement climatique allongera probablement la saison de transmission de certaines pathologies à transmission vectorielle et étendra leur répartition géographique.

LIEN(S) : Cet article est à lire dans le n°630

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