Bois-énergie : des objectifs ambitieux et essentiels pour la transition bas-carbone

©Escher Rodolphe/Dalkia
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Encore peu connu et trop souvent décrié à tort en raison, surtout, de son lointain passé (qualité de l’air, déforestation…), le bois-énergie est pourtant la première énergie renouvelable en France. Il représente 42 % de la production d’EnR. Cette filière désormais mature assure par ailleurs plus de 60 % de la production de chaleur renouvelable qui toutefois ne représente qu’à peine 20 % de la consommation finale brute de chaleur. Au vu de cette situation, le bois-énergie revêt un enjeu essentiel pour accompagner la transition vers le bas-carbone.

La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) fixe d’ailleurs à la filière des objectifs ambitieux : une consommation de chaleur renouvelable de 145 TWh en 2023 et entre 157 et 169 TWh en 2028, soit une augmentation d’environ 30 % d’ici une petite décennie. Surtout, le bois-énergie occupe une place importante dans cette PPE, avec un objectif spécifique de 70 % de la part de chaleur renouvelable en 2028.

La PPE insiste notamment sur la nécessité de développer les réseaux de chaleur. Pour atteindre l’objectif en 2023 (4,4 TWh d’EnR&R livrés ; +75 % par rapport à 2017), la livraison annuelle supplémentaire de chaleur renouvelable devrait atteindre 1,6 TWh/an, ce qui pourrait favoriser la relance du secteur. Mais la compétitivité des réseaux de chaleur vis-à-vis des autres modes de chauffage étant une condition nécessaire à leur développement, le gel de la taxe carbone, conjugué au faible coût des énergies fossiles, a fragilisé la filière ces derniers mois et a mis un coup d’arrêt à certains projets à l’étude. Or, les collectivités et maîtres d’ouvrage avaient anticipé la répercussion de la taxe sur le coût des énergies fossiles, et le prix stable et prévisible du bois-énergie était devenu un vrai facteur de compétitivité. D’où l’appel de nombreux professionnels du secteur, et plus globalement de l’énergie, de rétablir ce dispositif.

Enfin, un autre frein au développement des réseaux de chaleur réside dans le poids des investissements financiers de départ et dans la difficulté à mobiliser les capitaux qu’ils soient publics ou privés.

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