Delivery man delivering holding parcel box to customer

Black Friday, un jour noir pour l’environnement

Surconsommer, gaspiller et polluer ! Telle pourrait être la devise du Black Friday qui devrait avoir lieu ce 4 décembre en France. Importée des États-Unis il y a à peine sept ans, cette grande messe du marketing et de la consommation à outrance a su, tout comme Halloween, se faire sa place sur le vieux continent. Cet appel au gaspillage ne dure malheureusement pas une journée, mais s’étend sur une semaine… Une semaine où, alléchés par des prix cassés, les consommateurs se ruent sur des biens et marchandises, au premier rang l’électronique et le textile. Des achats compulsifs trop souvent inutiles ou en tout cas non indispensables, et en total opposition avec nos politiques et stratégies visant à limiter notre empreinte écologique. En 2019, 56,6 millions de paiements par carte bancaire ont été effectués sur une seule journée en France selon le collectif Green Friday. Ce dernier, initié par le réseau de recyclage et de reconditionnement Envie, dénonce les travers de ces soldes infernales et essaie de sensibiliser à une consommation plus responsable. Ces deux dernières années, d’autres collectifs anti-Black Friday ont également protesté et démontré l’absurdité de cette surproduction gourmande en ressources naturelles. Mais outre leur fabrication, la livraison de ces biens a évidemment des conséquences en terme de pollution atmosphérique. L’an passé, Elisabeth Borne rappelait ainsi qu’au lendemain du Black Friday, c’était près d’un million de colis livrés dans Paris… tout en gardant en tête qu’une partie de ces colis, entre 20 et 30 % sont retournés, plombant davantage l’impact environnemental. Sachant que de nombreuses sociétés préfèrent, en raison du coût, détruire ces colis retournés plutôt que de vérifier leur état, les réemballer et les remettre en ligne ! Espérons que la “loi anti-gaspillage pour une économie circulaire” qui entrera progressivement en vigueur dès 2021, puisse apporter quelques solutions à ces dérives consuméristes. Mais dans tous les cas, c’est avant tout à chaque citoyen de se poser réellement la question de la pertinence d’un nouvel achat. Si on doit trouver un intérêt au Black Friday, c’est peut-être celui de nous interroger sur nos modes de consommation trop souvent incompatibles avec nos priorités environnementales.

 

 

LIEN(S) : Cet Edito introduit le n°655

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