Beaucoup de motivation au Business & Climate Summit

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Des politiques climatiques ambitieuses permettraient d’éviter 700 000 décès prématurés en réduisant la pollution atmosphérique

Comme l’an dernier à Paris avant la COP21, le monde des entreprises se réunit les 28 et 29 juin lors du Business & Climate Summit pour parler de son implication dans la lutte contre le changement climatique. Le sommet se tient cette fois-ci à Londres, quelques jours après le Brexit, et fait intervenir une fois de plus de nombreux dirigeants de haut niveau (Total, Engie, Unlever, Michelin, etc.). L’occasion pour eux de mettre en avant leur vision du monde après la signature de l’Accord de Paris et les moyens à mettre en oeuvre pour baisser les émissions de gaz à effet de serre. Certains ont même référencé leurs plans d’actions sur le portail NAZCA qui avait été lancé à l’initiative de l’UNFCCC et du Pérou en 2014 pour recenser les actions des acteurs de la société civile (entreprises, régions, villes, investisseurs, etc.).

A l’ouverture du Business & Climate Summit, un rapport a été publié par We Mean Business, une coalition d’organisations professionelles, et par CDP (ex Carbon Disclosure Project). Il fait état d’une étude portant sur cinq initiatives majeures de groupements d’entreprises (RE100, EP100, Science Based Targets, Zero De-forestation, Low Carbon Technology Parthenrships Initiative) présentée sous le titre « The Business End of Climate Change« . Sur la base des seuls engagements de ces initiatives, qui concernent environ 300 entreprises dans le monde, une réduction moyenne de 3,7 Gt CO2eq des émissions de gaz à effet de serre est possible d’ici 2030. Si les actions promues par ces initiatives devenaient systèmiques (les auteurs estiment que 3000 à 6000 entreprises pourraient les rejoindre), ce serait alors une diminution de 10 Gt CO2eq qui serait atteignable, par rapport au scénario tendanciel. En 2010, les émissions mondiales de gaz à effet de serre étaient de 48 Gt CO2eq et pourraient atteindre plus de 60 Gt en 2030 si rien n’est fait. Or, il faut au moins les abaisser à 42 Gt en 2030 pour être en ligne avec le chemin évitant un réchauffement planétaire de 2°C.

Le monde des entreprises, et plus globalement de tous les acteurs économiques, a donc bien un rôle crucial à jouer pour décarboner l’économie : un rôle qui ne sera possible, comme le rappelle l’étude, que si les politiques publiques sont au diapason de cette volonté, de manière claire et stable.

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