Batteries de stockage : la filière dans une décennie charnière

L’Europe et la France vont-elles rattraper leur retard sur le marché du stockage électrochimique ? Difficile de répondre positivement à cette question, tant les écarts avec la Chine, les États-Unis ou encore le Japon sont importants. La transition énergétique et l’atteinte de la neutralité carbone prônées par le Vieux continent ne pourront de toute façon se faire sans technologies de stockage d’électricité, aussi bien à grande échelle qu’au niveau des particuliers. Opérateurs de réseaux, industriels et pouvoirs publics ont compris l’enjeu de ce marché grandissant qui pourrait atteindre les 120 milliards de dollars d’ici 2030. Ces acteurs commencent donc à s’organiser et à se concerter afin de lever les possibles verrous techniques, économiques et réglementaires. Ces prochaines années seront ainsi décisives pour les filières européenne et française dans la recherche de solutions plus performantes que celles de leurs concurrents étrangers, que ce soit pour des applications stationnaires ou pour la mobilité électrique. Des projets comme Ringo permettront d’offrir aux entreprises françaises une vitrine technologique dans des conditions réelles. Pour la mobilité électrique, la bataille sur les prix est malheureusement perdue d’avance… Mais c’est avant tout sur le développement de nouvelles générations de batteries que les acteurs européens devront miser pour se démarquer. Les batteries au lithium-ion dominent le marché mais pourraient encore être optimisées par l’arrivée d’électrolytes à l’état solide. Ce sera peut-être l’émergence de nouvelles batteries de type sodium-ion ou encore quinones-redox flow. Quelques incertitudes qui devraient trouver réponse dans la décennie qui s’ouvre…

 

LIEN(S) : Cet Edito introduit le n°640

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