« Atteindre un niveau élevé de performance »

Entretien avec Carole Le Gall, directrice générale de Engie France Réseaux

© Antoine Meyssonnier
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Forte de sa présence en métropole sur les réseaux de chaleur et de froid, et en outre-mer sur l’électricité, Engie France Réseaux compte déployer ses solutions au service des collectivités. Carole Le Gall, sa directrice générale, revient pour Énergie Plus sur les enjeux à relever.

Pour Engie rance Réseaux, tout se passe en ville ?

Carole Le Gall : Notre sujet est indéniablement celui des villes durables où une grande majorité de la population va vivre à l’avenir. Comment faire, dans des villes plus denses, pour être plus sobre et plus “vert” ? Pour faire comprendre nos solutions, on peut utiliser l’image d’un parallélépipède : on connaît bien les quatre faces verticales de la ville, les façades des bâtiments, les zones où on vit. On découvre de plus en plus la cinquième face du dessus qui est de mieux en mieux vue et utilisée, par exemple avec des panneaux photovoltaïques ou des toitures végétales. Il faut collectivement qu’on redécouvre la sixième face de la ville, celle qui est en dessous. Elle est moins facile à voir et elle est souvent oubliée. Gérer le plus efficacement possible les flux de cette sixième face qui irriguent la ville, c’est une bonne partie de notre travail.

Un rôle qui est souvent mal connu…

C. L. G. : Nous avons clairement un effort de pédagogie à mener, dans toute notre profession. Rien que chez Engie France Réseaux, on dispose de 6,4 GW thermiques de capacité installée et notre production annuelle, malgré un fonctionnement saisonnier, est de 11,7 TWh, soit l’équivalent de la production de deux centrales nucléaires ! C’est la moitié de la chaleur délivrée par tous les réseaux français. L’approche décentralisée sur la cinquantaine de réseaux urbains que nous gérons permet aussi de valoriser les ressources locales en énergies renouvelables et de récupération (déchets, géothermie, biomasse, chaleur fatale d’une usine ou d’un data center, etc.) tout en adaptant les besoins au plus proche des citoyens.

Comment voyez-vous le développement des énergies renouvelables ?

C. L. G. : En ce qui concerne nos réseaux de chaleur, nous utilisons surtout la biomasse, et la géothermie là où il y en a. Rappelons-nous qu’il y a quelques années, c’est le passage de la TVA à 5,5 % pour les réseaux alimentés par plus de 50 % d’EnR&R qui a permis de faire émerger des projets renouvelables, avec le soutien du Fonds Chaleur. La biomasse en particulier a ainsi pu créer un différentiel de prix avec le gaz naturel. Aujourd’hui, il faut déjà garder ce niveau de 50 %. De plus, le Fonds Chaleur et la taxe carbone pourraient aider à créer un nouveau souffle. Tous les acteurs de la filière et les élus locaux doivent se mobiliser pour promouvoir les ressources locales. Il y a toujours des solutions. Par exemple, pour le nouveau quartier de Clichy-Batignolles à Paris, la CPCU a mis en place un réseau basse température alimenté en partie par les calories d’un nouveau captage d’eau nécessaire à Eau de Paris et réalisé en partenariat avec eux. Ainsi, on atteint 55 % d’EnR sur cet écoquartier.

LIEN(S) : Il vous reste les deux-tiers de cette interview à découvrir dans Energie Plus n°621

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