Associer efficacité et neutralité

«La banquise de l’arctique fond à une vitesse dramatique.» Ce constat alarmant a été dressé par Markus Rex, chef de la mission scientifique Mosaïc. Celle-ci vient tout juste de se terminer après le retour du brise-glace Polarstern dans son port d’attache au nord de l’Allemagne. En 389 jours de mer, la mission a permis de collecter plus de 150 térabits de données sur l’atmosphère, l’océan, la banquise et les écosystèmes pour évaluer l’impact du changement climatique. Si les modélisations issues de l’analyse des données ne seront disponibles que dans deux ans, les scientifiques internationaux présents ont tous pu constater l’ampleur inédite du recul de la banquise. Prônée par de nombreux pays, notamment la France à travers son plan de relance, la décarbonation de tous les secteurs d’activités est donc devenu l’enjeu environnemental prioritaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, principaux responsables de ce réchauffement climatique. L’efficacité énergétique et les économies d’énergie doivent désormais obligatoirement se conjuguer avec réduction des émissions de CO2. Cette association peut sembler évidente, mais que ce soit avec l’exemple de la réglementation environnementale (RE2020) ou bien avec le dispositif des CEE, elle pourrait surtout se révéler complexe à mettre en œuvre. Certains acteurs qui verront leurs activités impactées par les possibles changements réglementaires et les nouvelles contraintes techniques, se font déjà entendre. Toutefois, l’excuse de la crise sanitaire actuelle, bien souvent avancée, ne doit pas modifier les engagements pris et surtout retarder la mise en place d’actions. La décarbonation doit désormais pleinement trouver sa place dans nos politiques et stratégies nationales énergétiques.

LIEN(S) : Cet Edito introduit le n°652

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