Amorce, toujours en pointe

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Juste avant son 32e congrès qui se tient du 17 au 19 octobre au Havre, l’actualité d’Amorce est chargée. L’association des collectivités territoriales et des professionnels a en effet décidé d’avancer sur tous les fronts autour de la fiscalité et du financement de la transition énergétique.

Bien avant la démission de l’ancien ministre Nicolas Hulot, Amorce a en effet posé la question qui fâche : se donne-t-on les moyens de faire avancer correctement les politiques écologiques ? Face aux discours bien rodés des différents gouvernements qui se veulent rassurants, la vigilance est plus que jamais de mise. Sur le sujet des déchets par exemple, le jeu du chat et de la souris entre les collectivités, les metteurs sur le marchés et l’État dure depuis des années pour savoir qui financera quoi et à quelle hauteur.

Donner des moyens aux collectivités

Le président de l’association, Gilles Vincent, vice-président de Toulon Provence Méditerranée, qui est présent depuis 1992 à la table des discussions sur ce sujet, sait que la patience est de mise : « L’État n’a jamais voulu donner réellement la main aux collectivités pour gérer les déchets comme elles peuvent le faire sur l’eau via les Agences de l’eau. Nous devons sans cesse argumenter – et même parfois taper du poing sur la table – pour que la réalité économique et les solutions techniques soient bien prises en compte. Sinon, on laisse faire un système de taxes qui ne profitent qu’à certains et rempli les caisses de Bercy. Ce n’est pas possible ! »

Amorce pointe aussi le risque que les objectifs nationaux de la loi de transition énergétique pour la croissance verte en matière de maîtrise de l’énergie, de développement des énergies renouvelables et de réduction des gaz à effet de serre ne soient pas atteints. De plus, le transfert de nouvelles compétences aux collectivités sans un transfert de moyens conduit forcément à une impasse. L’exemple des Plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET) est éloquent : par manque de ressources, Amorce estime que les deux tiers des collectivités concernées par l’obligation de publier leur PCAET avant la fin de l’année n’y arriveront pas.

Pousser la chaleur renouvelable et la rénovation

Si les groupes de travail lancés par le Gouvernement sur l’éolien, le solaire photovoltaïque et la méthanisation ont permis des avancées sur le développement de ces énergies renouvelables, Amorce est beaucoup plus inquiète en ce qui concerne la chaleur renouvelable. Le Fonds chaleur n’est toujours pas doublé, et le niveau de développement représente un tiers de ce qui serait nécessaire à l’atteinte des objectifs de la PPE. En relançant le Club de la chaleur renouvelable avec l’AFPG, l’ATEE, le Cibe, Enerplan, la Fedene, le SER et Via Séva, Amorce entend faire de nouvelles propositions pour améliorer l’équation économique des projets.

Enfin, l’inquiétude est aussi de mise sur la rénovation énergétique des logements. La loi Elan (loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique) ne comporte quasiment rien de concret !

LIEN(S) : Vous avez lu un tiers de cet article qui est disponible dans Energie Plus n°612

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