Arrêter le moteur pendant la canicule?

La dernière semaine de juin a été marquée par un épisode de canicule. Le thermomètre a grimpé, en particulier en ville, au point de voir le Gouvernement lancer de nombreux messages d’alerte de santé publique par précaution. Les initiatives de bon sens (fermer les volets, aérer la nuit, s’hydrater, etc.) qu’on peut qualifier de “comportementales” se complètent, selon les moyens de chacun, de solutions technologiques consommatrices d’énergie : utilisation de ventilateurs ou de climatisation. Avec la hausse moyenne des températures, l’inconfort d’été va devenir un problème croissant, notamment là où se créent des îlots de chaleur urbains. Les solutions sont connues : conception de nouveaux bâtiments anticipant cette contrainte, rénovation rapide et à grande échelle des logements et bureaux existants, recours à des réseaux de froids là où c’est possible pour éviter une trop forte hausse des consommations d’électricité liées aux climatiseurs individuels (voir Énergie Plus n°610).

Faut-il aller plus loin ? Toujours en ville, pendant une canicule, on pourrait imaginer d’interdire la circulation aux véhicules dont les moteurs thermiques (et la climatisation) émettent des flux de chaleur à l’extérieur de l’habitacle, en plus de particules polluantes. N’y voyez pas une provocation en cette période où le débat sur l’interdiction des vols aériens fait rage… mais juste une manière d’interroger la cohérence de nos actions. Là où les acteurs du transport ont depuis longtemps induit des fantasmes plutôt que du raisonnement, il est nécessaire de poser les limites du déplacement motorisé à outrance. Des analyses coûts-bénéfices élargies peuvent nous y aider : par exemple, des travaux de chercheurs suédois, allemands et sud-coréens ont récemment démontré qu’en Europe, le transport automobile coûte 500 milliards d’euros par an à la société, tandis que la marche à pied et le vélo rapportent respectivement 66 et 24 Md€. Comme quoi, arrêter le moteur –certains considèrent malheureusement encore cela comme de l’écologie punitive – s’avère être plutôt de l’écologie bénéfique pour la santé et pour le portefeuille.

LIEN(S) : Cet Edito introduit le n°629 d'Energie Plus

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