2G anticipe sur le futur de la cogénération

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2G a installé plus de 4 000 centrales de cogénération dans vingt pays, pour une puissance électrique totale d’environ 450 MW. Si ces équipements fonctionnent très majoritairement au gaz naturel et au biogaz – l’entreprise détient 30 % de parts de marché en France pour la cogénération biogaz avec 80 centrales équipées – 2G ambitionne de faire fonctionner ses machines avec tout type de gaz. Y compris avec des gaz à faible pouvoir calorifique comme le biogaz, le gaz d’épuration ou le gaz de mine. La société a fourni à Gazonor, ancienne filiale de Charbonnages de France qui exploite depuis plusieurs années du gaz de mine (grisou), six moteurs de 2G d’une capacité de 9 MW pour produire de l’électricité sur d’anciens sites miniers du Nord-Pas-de-Calais. L’entreprise mise aussi sur des technologies plus émergentes comme la gazéification de la biomasse et l’hydrogène.

Un premier moteur de cogénération 100 % hydrogène

«Notre métier est d’adapter nos moteurs pour qu’ils puissent fonctionner avec n’importe quel gaz», résume Jurgen Klein, directeur général de 2G Énergie, filiale française du groupe allemand. Pour y parvenir, le constructeur doit adapter les pistons, développer ses propres mélangeurs, etc. Il dispose d’un banc d’essai, mis en service en 2011, pour mener à bien ces ajustements. Une cogénération fonctionnant à l’hydrogène est déjà en marche à l’aéroport de Berlin. Le projet H2Ber, mené en collaboration avec McPhy, Total et Linde, est alimenté par du H2 produit par hydrolyse grâce à des énergies renouvelables, puis est transporté par pipeline jusqu’à l’aéroport. L’hydrogène sert aussi de carburant pour alimenter des camions. Permettre au moteur de tourner grâce à ce gaz n’a pas été simple. Il n’aime pas la compression et a tendance à s’enflammer très rapidement lors de ce processus. «Le défi pour ce type de moteur est d’apporter suffisamment de gaz dans la chambre de combustion sans déclencher l’inflammation du H2. Pour y arriver, nous jouons sur la forme des pistons, le taux de compression du moteur ou les turbos», précise Jurgen Klein. Une fois ces détails réglés, l’hydrogène issu de l’électrolyse, très pur, ne pose pas de problèmes particuliers. Le module installé dans la capitale allemande est de type “Agenitor” classiquement utilisé pour le gaz naturel et adapté à ce nouveau combustible. Il développe 125 kW de capacité électrique et 157 kW de chaleur. 2G fait aussi fonctionner des cogénérations avec du gaz obtenu par pyrogazéification de biomasse. Cela nécessite de le traiter en amont car il contient des quantités importantes de goudrons. Une fois purifié, il n’y a aucun problème pour le moteur. Une dizaine de cogénération de ce type sont déjà en fonctionnement en Allemagne et en Autriche.

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