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Dans leur grande majorité, selon un sondage commandité par l’ADEME, les Français aiment les énergies renouvelables, et en particulier l’énergie éolienne. Pourtant celle-ci tarde à se développer en France, et les députés ont même introduit dans la loi d’orientation un «amendement éolicide», selon les termes d’André Antolini, président du Syndicat des énergies renouvelables. Un rapport du Boston Consulting Group conclut que la France n’atteindra pas ses objectifs, accuse les obstacles administratifs et l’incertitude qui plane sur l’économie des projets et fait neuf propositions pour «donner un nouveau souffle» à l’éolien terrestre.
Les énergies renouvelables (EnR) remuent les foules et le Syndicat des énergies renouvelables (SER) avait dû limiter à 1 100 le nombre des auditeurs inscrits à son sixième colloque annuel, organisé à Paris le 9 juin 2004 sur le thème «La France à l’heure des choix». Il est vrai que par les caprices du calendrier parlementaire, cette journée se situait idéalement, au moment crucial où le projet de loi d’orientation sur l’énergie passait de la Chambre au Sénat et où il était donc encore temps de se faire entendre.
André Antolini, le président du SER, n’a pas manqué cette occasion de faire connaître l’opinion des industriels qu’il représente sur le projet de loi et il l’a fait en termes plutôt vifs. Non que tout soit négatif : le SER se déclare satisfait des mesures prévues en faveur des EnR thermiques, de l’obligation de placer des conduits de fumées dans les bâtiments neufs et de l’éventuelle possibilité ouverte aux communes d’imposer l’utilisation des EnR dans certaines zones (comme le fait Barcelone) pour la délivrance du permis de construire. Mais Antoine Antolini fulmine contre l’amendement «éolicide» introduit par les députés dans le projet de loi, qui transfère la délivrance du permis de construire les éoliennes des préfets aux maires et qui la soumet à «l’avis autorisé» de la Commission des sites et des paysages – ce qui lui confère un droit de veto absolu. «Aucune autre installation industrielle n’est soumise à un tel régime d’exception, affirme-t-il. On nous égorge !». Il détaille la «course de haies» d’un projet éolien et les barrières qu’il a fallu accepter (et même parfois demander, sous une «amicale» pression) durant ces deux dernières années au titre de la transparence démocratique : d’abord le permis de construire, puis une enquête publique, ensuite une étude d’impact et enfin une caution pour démantèlement à verser intégralement et à déposer en préfecture – comme s’il existait un risque qu’on ne parvienne pas à démanteler une éolienne, se moque le député François-Michel Gonnot, qui ajoute au tableau les schémas éoliens régionaux que les préfets ont dû élaborer et qui ont permis de repousser de trois ans toute décision de réalisation. «Si on veut développer les EnR, alors faisons–le sans mégoter sur les moyens», conclut le député RPR, l’un des rares à être favorable à l’éolien.
La classe politique partagée
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Lire la suite dans Energie Plus n°329 du 1er juillet 2004
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