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21 août 2008


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Biogaz : MONTECH, la décharge branchée
Dossier biogaz publié dans ENERGIE PLUS 213 du 15 septembre 1998

Publié le:  07 août 2000

La décharge de Montech, gérée par la DRIMM, s'étend sur 20 ha mais possède une réserve foncière totale de 90 ha, ce qui lui permet d'envisager sereinement l'extension de ses activités à l'avenir. Elle a la "chance" d'être située au-dessus de 300 mètres de molasses étanches naturelles, de très faible perméabilité (10-8). En 1994, elle a reçu l'autorisation administrative de stocker des déchets bruts jusqu'en 2002 et des déchets ultimes jusqu'en 2009...

Actuellement, elle reçoit 200 000 t/an de déchets bruts, composés pour 60% d'ordures ménagères et pour 40% de DIB. Cette quantité correspond à la capacité d'un casier dont l'emprise au sol est de un hectare, sur 20 mètres de hauteur (en fait, de -10m à +10m). Dans chaque casier sont captés les lixiviats, qui sont dirigés vers une unité de traitement, et le biogaz, qui pour l'instant est brûlé en torchère.

Au nombre des projets de la DRIMM: une démarche engagée vers la classification ISO 14 000, un centre d'enfouissement technique de classe 1 (il n'en existe pas dans la région), un centre de tri des DIB, et la production d'électricité (environ 1 MW) à partir du biogaz capté dans les trois premiers casiers. N'ayant pas été "membranés" dès l'origine, leur étanchéité est en effet insuffisante pour envisager l'injection du biogaz produit dans le réseau (teneur en oxygène trop élevée).

LE MONTAGE CONTRACTUEL
Le "grand" projet à Montech est évidemment la fourniture de gaz naturel renouvelable à GSO (Gaz du Sud-Ouest), dont le réseau de transport à 52 bar passe à 2 km de la décharge. Porté et financé par Sinerg, maître d'ouvrage, ce projet a été étudié par ETE, bureau d'ingénierie local, puis, après son dépôt de bilan, repris par Solagro, qui est aujourd'hui maître d'oeuvre. Il fait l'objet de deux contrats principaux :
1 ) Un contrat de tiers financement entre Sinerg et la DRIMM. Sinerg a financé tous les investissements (hors captage, réalisé par la DRIMM pour répondre à ses obligations réglementaires) et reste propriétaire des équipements pendant la durée du contrat (10 ans). La DRIMM lui a prêté le terrain où est construite l'unité d'épuration et de compression, fournit gratuitement le biogaz pendant 10 ans et exploite les équipements en sous-traitance, contre rémunération. Sinerg vend le gaz à GSO, amortit son investissement et partage les gains avec la DRIMM. Si la vente du biogaz ne suffit pas à rembourser l'investissement en 10 ans, c'est Sinerg qu supportera la perte. En tout état de cause le contrat sera clos et la propriété des équipements reviendra à la DRIMM.
2) Un contrat de 10 ans de vente de biogaz de Sinerg à GSO, à un prix indexé sur celui du gaz naturel. Sinerg doit fournir une quantité donnée de biogaz chaque année à une qualité donnée, prescrite par GSO.

Le bilan prévisionnel s'établit ainsi : l'investissement net s'élève à 8,5 MF (8 MF pour l'unité de traitement + 2 MF pour les 2 km de canalisation - une subvention de 1,5 MF) pour une recette annuelle de l'ordre de 2 MF, ce qui donne un temps de retour estimé à 6 ans.

L'opération a également fait l'objet d'un bilan énergétique : il est prévu de produire 4 Mm3/an de gaz, soit 43 600 MWh PCS, mais le traitement et surtout la compression du gaz consommeront 1 900 MWh d'électricité par an, ce qui correspond à une consommation spécifique de 44 kWh électriques par MWh de gaz. C'est évidemment cette consommation d'électricité qui justifie le projet d'auto-production.

LES EQUIPEMENTS TECHNIQUES
Le biogaz est capté à raison de 1100 (n)m3/h avec 55% de méthane, 37% de C02, 650 ppm de H2S et moins de 0,25% d'oxygène (ce qui convient très bien). Sinerg doit livrer 500 (n)m3/h de gaz à plus de 96,8% de méthane, à moins de 0,7% de C02 et moins de 5 ppm de H2S. Un traitement est donc nécessaire..

La "préparation" du biogaz commence dans les casiers de la décharge. Le fond et les parois sont recouverts d'une membrane plastique de 1,5 mm d'épaisseur et d'un feutre et, lorsque le casier est plein, sa face supérieure reçoit également une membrane de façon à assurer une étanchéité parfaite. Celle-ci joue un triple rôle : elle piège les mauvaises odeurs, permet de récupérer tout le biogaz produit et empêche son mé-lange avec de l'air, ce qui garantit sans traitement ultérieur la teneur en oxygène exigée par GSO (moins de 0,5%). Cette étanchéification coûte environ 100 kF par casier, supportés par a DRIMM, ce qui explique que son contrat avec Sinerg prévoit un partage des gains ainsi d'ailleurs qu'un certain intéressement si le volume fourni augmente.

L'unité de traitement elle-même comporte plusieurs étapes dont les principales sont une tour de lavage à l'eau sous 13 bar pour dissoudre le C02 et le H2S et deux tamis moléculaires en alternance pour sécher le gaz et éliminer les éléments traces. La compression du gaz s'effectue en deux étages, d'abord à 13 bar, avant lavage, puis à 52 bar avant l'injection. L'unité comporte en outre une chaîne de comptage et d'analyse du gaz, qui pèse pour plus de 1 MF dans l'investissement initial. Les teneurs en méthane, C02, 02, H2S, soufre total et eau sont mesurées en continu. Si les prescriptions de composition ne sont pas respectées, le gaz non conforme est brûlé en torchère.
Cette unité de traitement a d'abord été testée avec de l'air, puis avec du biogaz, pendant de longs mois. En fait, les discussions avec GSO et GDF sur la qualité du gaz injecté ont duré beaucoup plus longtemps que prévu, GDF souhaitant prendre toutes les précautions possibles pour ne pas nuire à la sécurité des installations en aval (risques de corrosion), ainsi qu'à la sécurité et à la santé des usagers. La question des organo-halogénés a été en particulier longuement débattue. Sinerg a commencé par ajouter un filtre à charbon actif après le sécheur puis, en août dernier, a accepté d'ajouter encore un filtre total à charbon actif après la compression à 52 bar, juste avant l'injection, "au nom du principe de précaution". Ce filtre, cofinancé par l'ADEME et GDF, doit garantir une teneur finale en chlore inférieure à 0,2 mg/(n)m3. Aujourd’hui, tout est prêt, mais le feu vert n'est toujours pas donné et le projet a déjà pris plus de six mois de retard.

En attendant, Sinerg poursuit deux programmes de recherche, l'un avec l'université de Toulouse sur l'évolution du biogaz dans les casiers et la circulation des fluides, l'autre avec le CNRS sur une éventuelle réinjection des lixiviats dans les casiers. Cette opération accélérerait la production du biogaz et chaque casier pourrait être "épuisé" en 5 ou 10 ans au lieu de 20, ce qui pourrait s'avérer économiquement avantageux.

Cet article a été publié dans Energie Plus n° 213 du 15 Octobre 1998
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