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Article paru dans ENERGIE PLUS 245 du 1er mai 2000
Publié le: 01 mai 2000

La Société Versaillaise de Chauffage Urbain (SVCU) a inauguré en février 2000 sa toute première cogénération. Elle alimente aujourd'hui à hauteur de 40% le réseau de chaleur de la ville de Versailles en eaux surchauffée et permet la vente d'électricité produite à EDF aux conditions du contrat 97.01

La SVCU, concessionnaire de la ville de Versailles pour la distribution de chaleur depuis plus de 30 ans, a officiellement inauguré le 24 février 2000 sa première cogénération. Installée sur son site de production situé non loin du plateau de Satory, cette unité de 11 MW électriques et de 16 MW thermiques a été mise en service le 29 octobre 1999.
Conçue, réalisée et exploitée par la SVCU, filiale à 71 % du groupe Elyo, la cogénération fournit aujourd'hui 40 % de la chaleur nécessaire au réseau de chaleur de la ville, soit l'équivalent de 4 500 logements. Ce qui représente une fourniture annuelle de 50 000 MWh thermiques et 36 000 MWh électriques. L'investissement s'est élevé pour ce faire à 50 MF, une somme importante au regard du CA annuel de la SVCU (30 MF).

Un choix citoyen et commercial
Le choix d'une telle technique, il est vrai particulièrement adaptée aux réseaux de chaleur, est indissociable de l'histoire de la SVCU et de la politique énergétique mise en oeuvre depuis sa création en 1964. "Au fil des décennies, le rôle d'exploitant de la SVCU a été matqué, tout à la fois par l'émergence de nouvelles solutions énertétiques plus respectueuses de l'environnement et plus économiques, et par le recours à de nouvelles technologies dédiées à la gestion des installations thermiques et électriques" indique-t-on en ettet à Versailles.
Dans les faits, cela s'est traduit par une constante adaptation des installations de production. Ainsi, des trois chaudières au fioul lourd de 29 MW unitaires installées à l'origine, il ne reste aujourd'hui que deux d'entre elles, de surcroît transformées en chaudières mixtes fioul lourd/gaz naturel. La cogénération remplace quant à elle l'antique chaudière à grille alimentée par des grains de charbon lorrain qui avait été construite à la fin des années 70 pour compléter le dispositif existant.

La substitution d'une chaudière au charbon par une cogénération présente de nombreux avantages, notamment en terme d'environnement, qui ont largement contribué à la décision d'investir dans une telle technologie. Ce sont tout d'abord les émissions de gaz à effet de serre, dont les NOx, produits par la chaufferie qui ont été réduits, tout comme les poussières et autres gaz acides. Deux raisons à cela : le gaz naturel est tout d'abord moins polluant en termes d'émissions que le charbon ; le rendement d'une cogénération, de l'ordre de 80 %, est aussi grandement supérieur à celui d'une chaudière à charbon, ce qui permet de réduire dans les mêmes proportions les rejets en milieu naturel. L'impact environnemental de la cogénération n'a pas été le seul élément déterminant dans cette affaire. La SVCU étant tout d'abord une entreprise commerciale, dont l'activité repose sur la vente de chaleur et d'électricité, l'un des bénéfices attendus de la cogénération est tout naturellement d'obtenir une économie globale du fonctionnement de la chaufferie. Les abonnés versaillais au réseau de chaleur de la SVCU seront d'ailleurs les principaux bénéficiaires de l'option technologique adoptée, puisque l'exploitant indique que les factures énergétiques seront prochainement revues à la baisse, soit une réduction de près de 10 % ; les autres bénéfices devant être répartis entre la ville de Versailles et la SVCU.

Caractéristiques techniques
Sept mois de travaux auront été nécessaires pour installer la cogénération de 11 MW électriques et 16 MW thermiques. L'unité de cogénération est constituée d'une turbine à gaz "Mars 100" et d'un alternateur Alstom France. La turbine a été fabriquée aux Etats Unis par l'entreprise Solar, une filiale du groupe Caterpillar. L'ensemble trubine/alternateur a été assemblé et monté dans un caisson insonorisé, peint par trois étudiants paysagistes, par la société Turbomachn, celle-ci ayant assuré les divers montages et les connexions aux postes de conduite et de contrôle. Gaz de France assure la livraison du gaz naturel à une pression de 65 bar. Le gaz est ensuite détendu à une pression de 25 bar pour alimenter la turbine, puis à 1.5 bar pour l'utilisation en chaufferie. Pour fonctionner, la turbine à gaz nécessite d'importants volumes d'air qui lui sont fournis par une large gaine d'alimentation, l'air étant préalablement filtré.

Du caisson où sont insérés la turbine et l'alternateur, partent les feux fluides produits. L'électricité, après contrôle, comptage et relèvement de la tension à 20 kV, est dirigée sur le réseau EDF grâce à un branchement distant de 5km. EDF a signé avec la SVCU un contrat type 97-01 pour une durée de 12 ans et a obligation d'achat du courant produit.

Les gaz de combustion, évacués latéralement, passent quant à eux dans un silencieux et ransmettent leur chaleur dans l'échangeur de récupération du réseau de chaleur. La sécurité du système est assurée par un diverteur, situé entre le silencieux et la chaudière de récupération, pour évacuer les gaz excédentaires dans l'atmosphère et éviter tout problème de surpression.

Plusieurs équipements annexes complètent le dispositif technique : salle de contrôle et de commande, automatisme de contrôle et de comptage de l'énergie, transformateur pour la restitution des signaux EDF sur le réseau électrique, postes d'extinction de flamme et pompe assurant le circuit d'eau dans le récupérateur et son retour dans le circuit général du réseau.

Au final, la coténération de Versailles fonctionne 3600 heures par an, du 1er novembre au 31 mars. Pascal Roger et Xavier Tricot, respectivement Directeur général et Directeur régional d'Elyo Ile-de-France, se déclarent tout à fait satisfaits de leur choix technique. Avec quelques craintes pour l'avenir de la cogénération et des réseaux de chaleur néanmoins. Celles-ci sont tout d'abord liées aux incertitutes propres au marché de l'électricité (décrets d'application de la loi à paraître, TGAP sur l'énergie et fin du contrat 97-01). Pour le prix de vente du gaz, Pascal Roger est partagé entre optimisme et pessimisme. Optimisme parce que la prochaine libéralisation du marché français du gaz devrait permettre d'obtenir celui-ci à un prix plus intéressant et donc de dégager une marge supplémentaire pour la cogénération. Pessimisme parce que la hausse des prix du pétrole, sur lesquels sont encore pour une grande part indexés les prix du gaz, pourrait inverser la tendance."Je pense néanmoins que les pouvoirs publics ne vont pas tuer ce qu'ils ont promu" confie finalement Pascal Roger, en évoquant la cogénération qui lui tient à coeur.

Article paru dans ENERGIE PLUS n°245 du 1er mai 2000
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