Dossier télégestion : des systèmes dédiés à la cogénération
Dossier paru dans ENERGIE PLUS 248 du 1er mai 2000
Publié le: 01 mai 2000
L'une des tendances de la télégestion est de se développer vers des systèmes spécialisés pour des applications spécifiques. Il en va de même pour la cogénération. En voici 2 exemples :
Le système HERMES, développé par le constructeur autrichien de moteurs JENBACHER, et mis en oeuvre en France par son représentant SOFFIMAT, pour ses propres besoins de contrôle du bon fonctionnement technique des installations dont il a en charge la surveillance et la maintenance. Le système SHERAN, développé par NEW ITAAC, notamment pour le compte des filiales spécialisées de GDF et EDF que sont GES, Finergaz et Cogétherm, dans un objectif de surveillance du bon rendement ...de leurs investissements.
Hermès pour la télésurveillance technique Soffimat installe des modules de cogénération basés sur les moteurs à gaz Jenbacher et certains maîtres d'ouvrage lui en confient contractuellement la surveillance et la maintenance. Soffimat mettait à la disposition de ces climents un réseau à plusieurs échelons : techniciens de proximité, stocks régionaux de pièces, PC national, jusqu'à l'intervention du constructeur. Cette année, la société va plus loin en se dotant du système Hermès, également développé par Jenbacher, qui permet de connecter chaque installation au centre de contrôle géré par la direction technique nationale. Cette mise en réseau permettra à Soffimat d'assurer la surveillance permanente de tous les moteurs, d'un optimiser les performances à distance et de raccourcir ses délais d'intervention. La société investit 10 MF dans cette opération pour que le système soit totalement opérationnel à la fin de cette année, et réorganise son service après-vente.
Hermès permet de suivre précisément les éventuels décalages de paramètres, de les analyser et d'élaborer un scenario d'intervention en maintenance préventive ou corrective. S'il suffit d'une simple modification des réglages ou d'une intervention analogue, elle sera réalisée directement depuis le centre de contrôle. Les opérateurs ont en effet la possibilité d'effectuer un télédiagnostic et un téléparamétrage aussi exacts que s'ils étaient sur place. Si l'événement nécessite une intervention sur place, les équipes locales seront averties automatiquement par tous les moyens ad hoc (fax, e-mail, portable, pager).
Chaque module Jenbacher est équipé d'un système d'exploitation "dia.ne" qui dispose lui-même d'une nité de visualisation sur place (PC industriel à écran couleur de 10.4"). Lorsqu'une centrale de cogénération comporte plusieurs modules, chacun d'eux est connecté à un réseau via Ethernet. Jusqu'à 16 modules peuvent être connectés par ce réseau à un serveur modem, processeur sans moniteur qui permet à un nombre limité de centres de contrôle de communiquer avec lui et entre eux via un modem. Si nécessaire, une unité d'affichage pour tout le site peut être intégrée au réseau.
Dans le(s) centre(s) de contrôle, un PC standard équipé d'un modem assure la liaison avec un nombre illimité de serveurs modems locaux grâce au logiciel pcAnywhere développé spécialement à cet effet. Bien entendu, il permet le traitement et l'affichage de toutes les données de fonctionnement selon des modes variés (tableaux, graphiques, synoptiques). Les exploitants des installations peuvent eux aussi disposer d'un poste terminal pour visualiser le fonctionnement de leur parc, voire même l'utiliser en télégestion, mais sous certaines conditions.
Sheran pour le télécontrôle d'exploitation Précisons immédiatement que les logiciels Sheran 3.000 (GTC) et 5.000 (télégestion), développés par la société New Itaac, disposent de toutes les fonctions techniques des logiciels habituels de télégestion et qu'ils ont déjà trouvé quelques 500 applications "classiques" dans les secteurs du tertiaire et de l'industrie. Par exemple : les CRAM de Rouen et d'Elbeuf, la tour Framatome à la Défense, les usines d'Hutchinson à Joué-les-Tours et de BASF à Clermont, les cogénérations des 10 usines Michelin en ce qui concerne la GTC ; les compresseurs des stations de métro et RER de la RATP, l'OPAC du Grand Lyon, les stations d'énergie pour les réseaus de transmission de la RATP ou les sites de France Télécom Transpac, en ce qui concerne la télégestion.
Ce qui est plus original ce sont les postes centraux de télésurveillance d'installations de cogénération réalisés pour GES, Finergaz et Cogétherm (avant que GES ne soit absorbé par Finergaz). Ces trois sociétés ne sont pas des cogénérateurs, n'exploitent pas elles-mêmes les installations, mais elles les ont financées ou cofinancées, et elles tiennent à garder un oeil attentif sur la bonne marche des machines, sur leurs performances réelles, sur les quantités d'énergie qu'elles exportent, bref sur la rentabilité du capital investi.Chaque jour, les chefs de projet de ces sociétés consultent le poste central, appellent les différentes centrales de cogénération dont ils ont la charge et examinent les synoptiques et tableaux de chiffres.
Bien entendu, les exploitants de ces centrales peuvent disposer de leur propre système de télégestion ou de télésurveillance, éventuellement basés sur les mêmes logiciels, mais pas forcément. Sheran est capable de dialoguer avec de nombreux automates de télégestion de diverses marques (Napac, Sofrel, Wit...) et permet aux investisseurs de rapatrier la totalité des données disponibles sur les sites, en temps réel s'ils le veulent, et de traiter celles qui les intéressent en priorité, selon la forme visuelle souhaitée (synoptiques, tableaux, graphiques. Ils peuvent ainsi consulter et suivre des paramètres comme la production réelle par rapport à la production théorique ou contractuelle, le taux de marche, les temps d'arrêt et interventions, les ventes d'électricité et de vapeur, les bilans énergétiques journaliers, hebdomadaires ou mensuels...Le système Sheran comporte des fonctions d'action à distance, activées pour les exploitants, mais évidemment pas pour les investisseurs.
La société New Itaac, jusqu'à maintenant assez discrète, a une jeune histoire elle-même originale. Ses deux dirigeants actuels, Philippe Guesnier, son Directeur général, et Louis Charo, son Directeur technique, étaient en fait salariés de la société Itaac et on repris cette dernière, avec un partenaire extérieur en 1992 lorsqu'elle a déposé son bilan.
Article publié dans ENERGIE PLUS 245 du 1er mai 2000 ATEE – ENERGIE PLUS - Reproduction interdite
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