Pour répondre à une demande des maîtres d’ouvrage et des maîtres d’œuvre, un groupe de travail piloté par EDF, GDF et Chauffage Fioul a élaboré une méthode conventionnelle de calcul du coût global énergétique. Elle est destinée à devenir un référentiel reconnu par l’ensemble des professionnels et, peut-être, une norme européenne.
L’analyse en coût global est un outil d’aide à la décision fournissant aux maîtres d’ouvrages et aux maîtres d’œuvres des indicateurs économiques leur permettant d’évaluer les projets de construction neuve. Il ne s’agit sans doute que d’un critère économique parmi d’autres plus usuels comme le coût d’investissement ou le coût d’exploitation des systèmes énergétiques et la capacité de financement du maître d’ouvrage reste un élément déterminant pour orienter ses choix. Il permet cependant d’enrichir la réflexion des décideurs sur un projet et d’évaluer l’incidence économique des diverses variantes. Comme on le verra, il s’adresse plutôt à des maîtres d’ouvrages qui intègrent la gestion patrimoniale de leur parc immobilier.
Organisation du projet
La demande existait, mais elle se trouvait confrontée à la multiplicité des méthodes de calcul existantes. C’est pourquoi dès mars 1998, le Centre français de l’électricité (CFE) crée au sein de sa Commission Bâtiment un groupe de travail “ coût global ”. En juillet 2000, le projet se concrétise sous l’impulsion du Secrétariat d’Etat au Logement. Deux conventions de partenariat sont alors signées, la première entre les trois maîtres d’ouvrage, EDF, GDF et Chauffage Fioul, et le maître d’ouvrage délégué, le CFE, le 24 octobre 2000 ; la seconde entre le CFE et la société Périgée, maître d’œuvre, le 24 novembre 2000. Deux groupes sont constitués, un groupe “ projet ” délibératif, comprenant de nombreux partenaires des filières du bâtiment et de l’énergie, qui suit le travail, alimente la réflexion et valide les principales étapes, et un groupe “ reflet ” consultatif qui assure une représentativité élargie à la méthode. La dimension européenne de la méthode a été prise en compte dès le départ par le biais des instances de normalisation. Un groupe de travail a d’ailleurs été constitué le 30 novembre 2001 au Centre européen de Normalisation (CEN) pour élaborer un projet de norme de calcul de coût global. La méthode française sera l’une des bases de la discussion à côté d’autres méthodes nationales.
Le groupe “ projet ” français a réuni de nombreux experts : l’AICVF, Cardonnel Ingénierie, le COSTIC, le CSTB, la FFIE, la FG3E, le GFCC, Pouget Consultants, TEC-UNFO HLM, l’UCI/FFB, l’UMGO/FFB et l’UNTEC.
Contenu de la méthode
L’objectif était donc de mettre au point et de diffuser une méthode “ conventionnelle ” du calcul du coût global énergétique des bâtiments neufs de logement individuel ou collectif, capable de prendre en compte tous les postes de dépenses énergétiques (chauffage, eau chaude sanitaire, ventilation), toutes les énergies (électricité, gaz naturel, GPL fuel, énergies renouvelables, réseaux de chaleur) et les caractéristiques du bâti ayant une influence sur les résultats (isolation, vitrages, locaux techniques,…). Elle s’adresse aux maîtres d’œuvres, bureaux d’études thermiques et économistes de la construction en tant que méthode de calcul conventionnelle et aux maîtres d’ouvrages comme outil d’aide à la décision.
- Les données d’entrée
La maîtrise de ces données d’entrée est essentielle pour la qualité des résultats ultérieurs, sachant par ailleurs que le bâtiment doit impérativement respecter toutes les réglementations en vigueur, en particulier la RT 2000 et la loi sur l’air :
- le contexte économique et financier de l’opération immobilière, notamment le choix du taux d’actualisation ;
- les données d’occupation et de confort ;
- la description du système énergétique (chauffage, production d’ECS et ventilation) ;
- la description des éléments du bâti liés à l’énergie (isolation, vitrages, locaux techniques) ;
- les consommations d’énergie pour le chauffage, la production d’ECS et la ventilation ;
- la dépense d’investissement pour le système énergétique envisagé ;
- la dépense d’investissement pour les éléments du bâti liés au système énergétique.
Le calcul des dépenses annuelles
…Lire la suite dans Energie Plus n° 288 du 15 juin 2002
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