Energie Plus avait dressé un premier bilan de la filière biogaz dans son numéro 213 daté du 15 octobre 1998. Le développement du biogaz en France n’était alors qu’embryonnaire. Presque deux ans ont passé. La révolution tant attendue ne s’est pas produite mais la situation connaît néanmoins une évolution positive, notamment d’un point de vue technique...
La perception du biogaz est aussi en train de profondément se modifier. Longtemps considéré sous le seul prisme de la valorisation énergétique, le biogaz dispose aujourd’hui de nouvelles cartes à jouer propres à doper son développement. Le contexte est en effet différent.
De nouvelles préoccupations se sont faites jour. La nécessaire gestion des déchets est l’une d’entre elles. La méthanisation apparaît comme l’une des techniques de traitement et de dépollution les plus pertinentes. Les avantages, tels que le gain de place et la désodorisation et le contrôle de la qualité des biogaz sont nombreux. D’autant plus que la législation imposera dès 2002 de ne déposer en décharge que les seuls déchets ultimes.
La valorisation énergétique n’est pas pour autant oubliée. L’utilisation du biogaz comme source d’énergie permet d’offrir un effet de substitution aux énergies fossiles classiques. Le biogaz a ainsi son rôle à jouer dans la nécessaire limitation des émissions de gaz à effet de serre.
Quatre modes de valorisation énergétique sont exploités aujourd'hui : les productions de chaleur et d’électricité, le biogaz carburant et l’injection dans le réseau de gaz naturel.
La production de chaleur et d’électricité, éprouvées techniquement, sont les voies les plus rencontrées. Elles représentent 90% des modes de valorisation mis en œuvre dans les pays scandinaves, pays où la filière biogaz connaît un fort développement. La faisabilité technique des deux autres voies de valorisation est, quoi qu’on en dise, avérée. Les problèmes sont ailleurs : rentabilité économique et décision politique pour le biogaz carburant, application du principe de précaution pour l'injection dans le réseau.
La valorisation du biogaz ne se limite d’ailleurs plus à un seul usage énergétique. Une expérience pilote est actuellement menée dans le sud de la France pour injecter les fumées de combustion du biogaz dans les serres horticoles. La valorisation thermique du biogaz permet ici d’assurer un enrichissement carboné aux plantes.
Le biogaz dispose donc d’atouts certains. Les prochains mois, où sont attendus les décrets de la loi sur l'électricité, la loi sur le gaz et la directive européenne sur les énergies renouvelables, permettront de distribuer de nouvelles cartes, que les différents acteurs de la filière bioaz souhaitent aussi bonnes que possible.
Article publié dans ENERGIE PLUS N°248 du 15 juin 2000
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