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Publié le: 25 août 2010

Le commissariat général au développement durable (CGDD) a publié cet été une nouvelle étude sur les émissions de CO2 de la France. Sur la base de l’indicateur présenté en début d’année et intitulé «Empreinte carbone de la demande finale française», cette étude analyse pour la première fois les émissions de CO2 dues aux importations et exportations du pays, en plus de celles générées directement sur le territoire. Aux 410 millions de tonnes de CO2 (Mt CO2) habituellement comptées (hors biomasse énergétique), il faut donc ajouter 135 Mt. Ce qui fait passer les émissions par habitant et par an de 6,7 tonnes à 9 tonnes de CO2.

L’étude détaille les émissions de CO2 sur la période 1990-2007, qui restent relativement stables (émissions de la biomasse énergétique incluses) : 438 Mt en 1990, 436 Mt en 1995, 447 Mt en 2000 et 439 Mt en 2007. La répartition entre activités économiques reste aussi stable, avec un tiers des émissions directes dû aux ménages et deux-tiers dus aux différentes branches de production. Pour les ménages, les émissions résidentielles ont baissé de 5 % entre 1990 et 2007, tandis que les émissions de CO2 de leurs véhicules personnels ont augmenté de 10 %. Les activités primaires de production (agriculture, sylviculture, etc.) ne comptent que pour 3 % des émissions de CO2 alors que les activités secondaires culminent à 40 % (15 % pour la production d’énergie). Les activités tertiaires (commerce et services) comptent pour 22 % et atteignent leur plus haut niveau en 2007 avec 95 Mt, contre 76 Mt en 1990. La hausse est particulièrement substantielle dans les services de transport (+35 %). Au contraire, l’industrie a vu ses émissions baisser de 10 %.

L’étude pointe le fait que toutes choses égales par ailleurs, les progrès technologiques ont joué dans le sens d’une diminution des émissions de CO2. Cette baisse auraient été par exemple de 33 % dans les branches de production. Mais la croissance de la production et l’effet rebond* chez les ménages ont œuvré dans le sens inverse, amenant à la stagnation des émissions.

Une fois que les émissions de la production intérieure sont réaffectées à la consommation finale, le CGDD observe que les ménages français sont responsables de 60 % du CO2 renvoyé dans l’atmosphère. Environ 22 % sont associés aux produits exportés.

L’étude a estimé pour la première fois les émissions associées aux biens et services importés et exportés, pour l’année 2005. L’ensemble des importations serait responsable de l’émission de 340 Mt CO2. Les exportations compteraient pour 205 Mt. Le solde, de 135 Mt, est donc à ajouter aux émissions directes.

* Effet rebond : situation dans laquelle l’amélioration de l’efficacité environnementale d’un produit est compensée, en totalité ou en partie, par un usage accru de ce produit.



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