|
Agenda
|
Publié le: 05 juillet 2010
Réalité ou fiction ? Les stations-service d'hydrogène à Berlin existent bien, ainsi que des véhicules utilisant l'hydrogène. Mais la location de ces véhicules n'est, elle, pas encore possible. Vous arrivez à Berlin avec un véhicule fonctionnant à l'hydrogène ? Pour faire le plein, trois stations-service sont disponibles. Direction la station la plus proche située à Holzmarktstraße, au centre de Berlin. Cette station-service, inaugurée le 12 mai dernier, fait partie d'une station conventionnelle offrant aussi un poste de charge pour véhicules électriques. Du côté de l’installation fournissant de l’hydrogène, on trouve : une cuve d'hydrogène liquide de 10 000 litres ; un électrolyseur ; un compresseur très haute pression ; le stockage d'hydrogène gazeux ; trois postes de distribution pour l'hydrogène gazeux (350 et 700 bar) et liquide ; une borne d'accès automatique par carte magnétique. Certains de ces éléments sont une première pour une station-service d'hydrogène et, pour Patrick Schnell, responsable du projet hydrogène chez Total Deutschland GmbH, ils préfigurent les futures stations avec une intégration plus poussée. Linde fournit la technologie associée à l'hydrogène. L'électrolyseur de Statoil Hydro est le second modèle de ce type. Il peut produire environ 120 kg par jour. La société Hofer a développé le compresseur fonctionnant jusqu'à 1 000 bar. Le stockage d'hydrogène gazeux (200 kg) est semi-enterré avec deux séries de réservoirs en composites sous 450 et 900 bar. La coordination des acteurs de ce projet, dans le cadre du Clean Energy Partnership (CEP), est assurée par la société Spilett (un clin d'œil au personnage de Jules Verne). Un système de télésurveillance permet un suivi du fonctionnement. Récupérer l’hydrogène évaporé Ce type de station-service propose-t-elle de l’hydrogène "vert" ? Actuellement 20 % de l'électricité pour l'électrolyseur est d'origine renouvelable, l'objectif étant d'atteindre 50 % en 2011. Des panneaux photovoltaïques sont disposés sur le site et une éolienne sera intégrée à la station. Une partie de l'hydrogène stocké sous forme liquide (-253 °C) s'évapore, à raison de 1 à 2 % par jour. Il est récupéré et une solution à la fois classique et innovante a été retenue pour l’utiliser : une unité de micro-cogénération "Dachs" de la société Senertec a été modifiée par l'université technique de Graz en Autriche pour fonctionner à l'hydrogène. Elle produit 5,5 kW électriques et 12,5 kW thermiques, utilisés par la station-service. Sur le marché des véhicules, ceux qui peuvent ou pourront rouler à l’hydrogène sont répartis en trois familles : les véhicules à moteur conventionnel (BMW Hydrogen 7) utilisant de l'hydrogène liquide ou les véhicules à pile à combustible utilisant l'hydrogène gazeux sous 350 ou 700 bar. À moyen terme, une soixantaine de véhicules et une dizaine de bus utilisant l'hydrogène devraient circuler à Berlin. Parmi eux des Opel HydroGen4 et, en 2014, une quarantaine de Mercedes Class B. Les véhicules actuels sont utilisés par des sociétés ou des services administratifs avec un personnel formé, soit environ 200 à ce jour. Même si l'hydrogène comme combustible des véhicules ne sera pas la solution unique au problème de disponibilité de carburants conventionnels ou de pollution, il en sera partie prenante. La Ville de Berlin et Total y croient et ont un autre projet de station-service fournissant de l’hydrogène pour 2011 sur le site du nouvel aéroport de Berlin, faisant appel aux énergies renouvelables. Article paru dans le supplément d'ENERGIE PLUS n°449 du 1er juillet 2010 |
|








