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Publié le: 13 novembre 2008

Énergie nucléaire, OGM, éoliennes, enfouissement des déchets radioactifs… Certaines technologies ont le don de se mettre la population à dos. Or, la réussite d’un projet industriel dépend aussi de sa perception par le grand public. Comment celui-ci considère-t-il les risques liés au captage et stockage du CO2 ?

Le risque zéro n’existe pas. En matière de captage et stockage de CO2, cet axiome est aussi reconnu par les spécialistes du secteur : «Nous ne serons pas crédibles si nous ne reconnaissons pas qu’il y aura probablement des fuites dans les réservoirs. Il faut juste (sic) prévoir des parades», confiait aux Échos il y a un an Tore Torp, chargé de projet CO2 chez Statoil.
Mais pour prévoir des parades, il faut d’abord bien maîtriser les risques. Or, le directeur scientifique de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), Pierre Toulhouat, l’avoue sans détours : «Nous manquons encore cruellement de connaissances dans le domaine du captage et stockage du CO2.» En effet, jusqu’à présent, les études se concentraient uniquement sur les effets du CO2 sur son environnement. Or, le CO2 qui sera stocké ne sera jamais pur à 100 %.
Peu importe la méthode utilisée pour son captage, il sera empreint d’impuretés (vapeur, oxygène, polluants organiques, etc.). Pierre Toulhouat cite l’exemple du site de Lacq, qui stockera du CO2 comportant 4 % d’oxygène : «comme les milieux profonds ne contiennent pas d’oxygène, les sulfures métalliques, très fréquents dans les aquifères profonds confinés, sont susceptibles de s’oxyder, ce qui pourrait libérer des métaux lourds comme du plomb, du cuivre ou du zinc, qui pourraient migrer facilement de par la complexation par les ions hydrogénocarbonates et carbonates. On est alors face à un risque de changement géochimique qui peut avoir des conséquences sur notre eau potable. Par exemple, jusque dans les années 1990, à cause des pressions partielles élevées en CO2 d’origine magmatique, l’eau de Badoit contenait des proportions non négligeables d’uranium et était interdite sur les sites nucléaires !»
 

- Des inquiétudes palpables (...)

- (...) Dans l'attente de garanties (...) 

Lire l'article publié dans ENERGIE PLUS n°413 du 15 octobre 2008
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