Trois énergies pour le réseau de chaleur de Calais
Publié le: 21 septembre 2000
La première chaufferie centrale bois et cogénération certifiée ISO 14001 alimente en eau chaude le réseau de chaleur d’un quartier de la ville de Calais. Exploité par Dalkia, le site ainsi transformé a permis de réduire tout autant la facture des usagers que les émissions de polluants.
Impossible de se tromper. Sitôt passé devant le lycée HQE de Calais et son éolienne, une cheminée blanche rayée de bleu qui se dresse soudain sur fond de ciel indique le site de Calais Energie : la toute première chaufferie centrale bois et cogénération certifiée ISO 14001 de la région Nord-Pas de Calais. De simples bâtiments de brique rouge qui abritent trois moteurs de cogénération, autant de chaudières au gaz naturel, dont deux d’entre elles pouvant basculer au fioul domestique, et une chaudière au bois. Soit trois sources d’énergie combinées entre elles pour alimenter en eau chaude le réseau de chaleur du quartier du Beau Marais de Calais : 13 km de tuyauteries où circule une eau comprise entre 80 et 105°C qui dessert groupes scolaires, logements, etc.
C’est Calais Energie, la filiale de Dalkia en charge de l’exploitation et de la gestion du réseau de chaleur du Beau Marais, qui a réalisé la maîtrise d’ouvrage de la cogénération et de la chaufferie bois. La cogénération fonctionne aujourd’hui avec succès depuis bientôt deux ans. La chaufferie bois est plus jeune. Mise en service en novembre 1999, elle a été officiellement inaugurée le 4 mai dernier. Une façon de réunir à nouveau les différents acteurs de la réussite de cette installation, en tête desquels figurent l’Ademe, la ville de Calais, le Conseil régional du Nord-Pas de Calais et bien évidemment Dalkia.
Trois énergies complémentaires
La puissance thermique totale de l’installation (41,3 MW) se répartit entre les différentes sources d’énergie de la manière suivante : cogénération (7,3 MW), chaudière gaz (8 MW), chaudières gaz / fioul domestique (respectivement 10 et 12 MW) et chaudière bois (4 MW). Les besoins en chaleur du site, qui s’élèvent à 60 GWh par an, sont couverts à hauteur de 25 GWh (42%) par la cogénération ; 15 GWh (25%) par le bois ; et 20 GWh (33%) par la chaufferie gaz, dont 1% seulement par basculement au fioul domestique. En hiver, la chaleur bois vient en complément de la récupération thermique de la cogénération et devient l’énergie prioritaire en intersaison ; la cogénération ne fonctionnant que du premier novembre au 31 mars de chaque année. Les chaudières gaz assurent constamment l’appoint et le secours. Le fioul domestique n’est utilisé qu’en substitution pour limiter la quantité de gaz consommée par grand froid.
La cogénération au gaz naturel de Calais Energie (trois moteurs Caterpillar de modèle 3532 SITA 32 HRHT) fournit de la chaleur et de l’électricité avec un rendement élevé (85%). Si la chaleur est utilisée pour alimenter le réseau de chaleur du quartier, l’électricité produite (21 GWh par an) n’est pas autoconsommée sur le site et est intégralement revendue à EDF.
La chaufferie bois La chaufferie bois du Beau Marais fonctionne depuis un peu moins d’un an. L’entreprise SELVA, la première plate-forme régionale de traitement de déchets de bois, fournit le bois nécessaire à l’alimentation de la chaudière : au total 5 800 tonnes par an. Le bois est livré par camions de 25 tonnes dans une fosse de dépotage de 150 m3 avant d’être stocké dans un silo de 600 m3, qui assure une autonomie d’une semaine. Le foyer de la chaudière est alimentée en bois par une trémie de chargement de 40 m3. La chaudière WEISS a été conçue pour brûler un bois à un taux d’humidité élevé (45%) avec un rendement moyen de 80%. Le foyer est muni d’une grille mobile qui permet d’ajuster la vitesse du combustible pour avoir une combustion optimale. La régulation de la chaudière est modulante de 15% à pleine puissance. Avec ce foyer spécifique, la chaudière permet d’obtenir une combustion avec moins de 250 mg de NOx par norme au mètre cube (Nm3), soit deux fois moins que la réglementation aujourd’hui en vigueur.
Le traitement des fumées est assuré par un dépoussiéreur mécanique multicyclones auquel s’adjoint un dépoussiéreur électrostatique de type électrofiltre qui permettent de réduire les rejets de poussières dans l’atmosphère à un niveau inférieur à 30 mg/Nm3.
10e site Dalkia certifié ISO 14001 La certification ISO 14001 décernée le 20 mars 2000 par l’AFAQ (Association Française d’Assurance Qualité) récompense la démarche de management environnemental mis en œuvre sur le site de Calais Energie : limitation des rejets polluants, amélioration de la gestion des matières dangereuses et traitement des déchets facilité. Parmi quelques unes des nombreuses améliorations apportées au site, Dalkia met en avant la création d’un bassin de collecte de tous les effluents aqueux des bâtiments. Tout comme le fait que le site procède aussi aujourd’hui à une mesure hebdomadaire des polluants atmosphériques et à un tri sélectif de ses déchets afin d’en optimiser le recyclage ou la valorisation par le biais de filières agréées.
L’utilisation de matériels performants (chaudières gaz et bois à foyer bas NOx, dépoussiérage mécanique et électrostatique des fumées de combustion du bois) et le choix du gaz naturel et du bois offrent en terme d’environnement un bilan satisfaisant. Le remplacement des anciennes chaudières au fioul lourd a en effet permis, outre de réduire de 10% la facture des abonnés du chauffage urbain, de diminuer sensiblement les rejets atmosphériques de polluants : 2 000 tonnes de CO2, 450 tonnes de soufre, 7 tonnes de Nox et 26 tonnes de poussières sont ainsi évités chaque année.
L’investissement global de la cogénération et de la chaufferie bois s’est monté à 70 MF, dont 9 MF pour la chaufferie bois et 25 MF pour la cogénération. La somme restante a été allouée à la rénovation du réseau de chaleur. Le financement a été assuré à hauteur de 59,5 MF par Dalkia et à hauteur de 10,5 MF par des subventions : 9 MF par le FEDER (Fond Européen de Développement Régional) et 1,5 MF par le FRAMED (Fond Régional pour l’Air, la Maîtrise de l’Energie et des Déchets), fond alimenté par le Conseil Régional et l’Ademe.
Lire notre dossier "Bois Energie" dans le supplément technique d'Energie Plus n°251 du 15 septembre 2000 © ATEE – ENERGIE PLUS - Tous droits réservés
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