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Publié le: 21 septembre 2000

La chaîne de magasin publie une charte de développement durable ; c’est la première fois qu’un groupe français de distribution inscrit l’environnement dans ses perspectives commerciales.

La chaîne de magasins, qui s'est choisi une vocation d'entreprise citoyenne, investit dans le développement durable. Ses efforts se tourneront dans cinq directions différentes et complémentaires : développer l'offre de produits estampillés 'qualité de vie', accroître cette qualité de vie à l'intérieur même des magasins, tisser des liens sociaux, limiter l'impact de ses activités sur l'environnement et rendre compte régulièrement de l'état de ces projets. Pour ne pas laisser toutes ces réalisations à l'état de voeux pieux, Monoprix, en collaboration avec l’ADEME, a mis en place des mesures très concrètes dans un certain nombre de domaines. Elles sont le fruit d’expériences pilotes menées dans quelques-uns des 308 magasins de la chaîne. Une charte, présentant les bons gestes du développement durable, a été établie. Elle s’accompagne du "Guide des gestes verts", publié en collaboration avec l’ADEME. L’une et l’autre seront distribués au personnel de l’entreprise et consultables par les clients dans les magasins. D’après Philippe Houzé, Président du directoire de Monoprix S.A., “la charte va structurer petit à petit toutes les actions de l’entreprise”. Abordant principalement les thèmes de l’éthique et de la protection de l’environnement, ses applications sont variées.

Ainsi pour l’eau et l’électricité, une surveillance mensuelle des consommations sera effectuée dans plusieurs magasins pilotes; ces mesures, une fois analysées, serviront à une éventuelle limitation des consommations. En effet, une activité commerciale de ce type, si elle rejette peu de polluants, a de grands besoins en eau et en énergie. Un magasin utilise en moyenne entre 500 et 800 litres d’eau par m² de surface de vente par an, pour les sanitaires, la fabrication de glace pour la poissonnerie, le nettoyage des sols, etc. Au total, le groupe consomme environ 3 Mm3 d’eau en une année. Il est encore plus gourmand en électricité. L’an dernier, 300 MkWh avaient été consacrés à la climatisation, la production de froid des meubles réfrigérés, l’éclairage des locaux et autres (entre 500 et 700 kWh par m² de surface et par an).

Réduire la quantité de déchets

D’autres actions importantes concernent le recyclage des 55 000 tonnes de déchets que les magasins produisent en un an. Ce sont pour la plupart des déchets d’origine alimentaire qui ne nécessitent pas de traitement spécifique et des déchets d’emballage (cartons, palettes et films plastiques). La gageure consiste à réduire le nombre et à contrôler la nature de ces derniers. Une première démarche consiste à réduire à la source la masse et le volume des emballages avant que ceux-ci ne fassent l'objet d'un tri sélectif. Monoprix entend limiter au maximum les emballages sur ses propres marques. C’est déjà le cas pour l’ensemble de la gamme Monoprix Vert; bientôt les autres gammes (Bio, Gourmet et Atout certifié) suivront elles aussi la voie de la réduction à la source des emballages. Monoprix compte également lancer des campagnes de sensibilisation des publics au tri sélectif. Depuis 1996, les magasins récupèrent les piles boutons ; les piles bâtons, elles, sont collectées depuis le début de l’année dans quelques magasins pilotes. Depuis 1998, les magasins de Meudon et de Mérignac, suivis l’année d'après par ceux de Montreuil, Oulins, Chatillon et Rouen mènent des opérations de sensibilisation au tri des déchets d’emballage ménagers, en partenariat avec l’ADEME et Eco-emballage.

Parallèlement la société s'est engagée à limiter les impacts sur l’environnement de ses meubles de froid. Au fur et à mesure des rénovations, ils seront remplacés, petit à petit, par des installations frigorifiques utilisant les fluides frigorigènes les moins polluants possibles ou bien des systèmes à l'eau glycolée. Pour les installations existantes, les fréons seront remplacés par des fréons de deuxième génération, moins polluants.

Des transports moins polluants

Sur le plan des transports, Monoprix va continuer de promouvoir les véhicules électriques. Des bornes de recharge électriques sont déjà accessibles gratuitement sur les parkings de quatre magasins, dont trois en région parisienne (Beaugrenelle, Boulogne-Billancourt, Charenton et Joué-les-Tours). Et depuis mars de l'année dernière, le magasin Monoprix de Boulogne?Billancourt est équipé de trois camionnettes de livraison tout électrique. Ces véhicules, nés d'un partenariat avec l’ADEME, EDF et Citroën, sont les premiers, en France, a être équipés d'un groupe frigorifique fonctionnant lui aussi à l'électricité. Le groupe se donne quatre années, comptes tenus des progrès technologiques attendus - en matière d’autonomie des voitures électriques - pour mettre en place une flotte de véhicules moins polluants.

Les transports de marchandise, vers les plates-formes de stockage et vers les magasins de centre?ville, sont également concernés par la démarche de développement durable. Monoprix a décidé de privilégier les transports combinés rail-route dès que possible et optimise les tournées de livraison. “La mise en place d'un système d'optimisation de la logistique nous permet de réduire les temps de transports, d'approvisionner les magasins dans les meilleurs délais et de limiter les impacts sur l'environnement en réduisant notamment le nombre de kilomètres parcourus” se félicite Christian Müller, directeur du transport. Le progiciel de livraison Route Master gère les approvisionnements et les tournées de livraison (choix des itinéraires, des gabarits, organisation des tournées de livraison...). Il permet de limiter les trajets à vide et donc les émissions polluantes dans l’air. Il sera réactualisé dans le courant de l’année.

La charte Monoprix semble, plus qu’une déclaration d’intention, la suite logique d’une démarche entamée depuis plusieurs années. On ne peut qu’espérer que cette démarche incitera les autres distributeurs à s’intéresser au développement durable.

Article paru dans le supplément technique d'Energie Plus n°251 du 15 septembre 2000© ATEE – ENERGIE PLUS - Tous droits réservés
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