Musiciens et mélomanes de tous pays, réjouissez-vous : la salle Gaveau, l'un des temples parisiens de la musique classique, a rouvert ses portes au public après plusieurs longs mois de rénovation. Avec comme changement notoire, l'installation d'une machine à absorption au gaz naturel en lieu et place de l'ancien groupe de production d'eau glacée à compression électrique. C'est en effet grâce à l'électricité que ce bâtiment, classé monument historique et datant des années 30, était jusqu'alors climatisé. Cependant, lors de la préparation de ce grand chantier de restauration, la question s'est tout de suite posée de savoir si le groupe de production d'eau glacée à compression électrique était encore la meilleure technique disponible, ou tout au moins la plus appropriée aux besoins et à la configuration de la salle Gaveau.
Les arguments en faveur de la climatisation au gaz n'ont pas tardé à faire pencher la balance. Arguments financiers tout d'abord. Et ce même si à l'investissement la dépense reste sensiblement plus élevée pour une machine à absorption au gaz naturel que pour un groupe de production d'eau glacée à compression électrique : environ une fois et demie plus cher avec le gaz qu'avec l'électricité. Dans le cas de la salle Gaveau, l'investissement pour la machine à absorption s'est ainsi élevé à 568 000 F. A titre de comparaison, il n'aurait atteint que 300 à 350 000 F si le choix s'était porté sur un groupe à compression électrique. Le choix de l'absorption est donc à chercher ailleurs. Du côté du coût d'exploitation de l'installation. L'absorption s'avère en effet, dès lors qu'est tenu un raisonnement économique global, plus intéressante. Ainsi, des économies de maintenance peuvent être rapidement réalisées. Deux raisons à cela. D'une part la maintenance ne nécessite que les services d'un chauffagiste, et ne demande par, contrairement à la production d'eau glacée à compression électrique, les services d'un frigoriste. D'autre part les machines à absorption sont très résistantes à l'usure grâce à la présence d'une seule pièce mécanique en mouvement : la pompe de solution qui intervient en fin de cycle pour envoyer la solution saline eau-bromure de lithium nouvellement diluée dans le générateur. Au final, le coût annuel d'exploitation (chaud et froid) est donc plus faible que la solution traditionnelle, à condition toutefois que la machine ne soit pas utilisée qu'en été.
La Rolls des machines à absorption
Deuxième argument en faveur de l'absorption : le gain de place. Alors qu'auparavant trois locaux techniques en sous-sol étaient nécessaire à la bonne marche de l'installation, il a été possible de regrouper les équipements de climatisation au gaz naturel dans une seule grande pièce (40 m2). Ce qui a permis de dégager deux pièces auparavant occupées, l'une par un transformateur (25 m2), l'autre par le groupe de production d'eau glacé à compression électrique (30 m2). Il a ainsi été installé dans ce local de 40 m2, situé sous la salle de concert, la Rolls (dixit Gaz de France) des groupes de production d'eau glacée à absorption avec production d'eau chaude. De marque Yazaki, distribué en France par CIAT, et de modèle Aroace CH-V 80, il s'agit d'une machine simple effet eau / bromure de lithium de puissance frigorifique 280 kW et de puissance calorifique 320 kW. Le groupe a été dimensionné pour couvrir les besoins du site en froid et 2/3 des besoins en chaud ; le reste étant assuré par une chaudière gaz. Au niveau du condenseur (où n'intervient d'ailleurs aucune récupération de la chaleur), le refroidissement est assuré par un système aéroréfrigérant Baltimore VTL 079-K. Implanté en terrasse à la place de l'ancien dry-cooler, il comprend un piège à sons à l'aspiration et au refoulement. Le débit de la centrale de traitement d'air est dimensionné pour 40 000 m3/h.
Au final, quand la machine fonctionne en mode rafraîchissement, la température de l'eau, après passage du circuit d'eau glacée dans l'échangeur, est refroidie de 12°C à 7°C. Par contre, quand la machine à absorption fonctionne en mode inverse (chauffage), l'eau du circuit de climatisation du bâtiment est alors réchauffée (et non refroidie) par la vapeur d'eau, de 50 à 55°C.
Les intervenants :
Maître d'ouvrage : J.M. Fournier Production, Maître d'œuvre : Taveres Ingénierie,Installateur : Hervé Thermique.
Article publié dans le supplément technique d'ENERGIE PLUS n°271 du 15 septembre 2001
© ATEE – ENERGIE PLUS - Tous droits réservés
retour rubrique TECHNIQUES GAZ
retour sommaire du numéro 271 - ARCHIVES 2001retour A LA UNE