Comment les Etats-Unis relèvent le défi du changement climatique
Spencer ABRAHAM, Secrétaire d’Etat américain à l’Energie
Publié le: 19 décembre 2003
Spencer Abraham, Secrétaire d'Etat américain à l'énergie : Les Etats-Unis ne sont ni honteux de leur position sur le Protocole de Kyoto, ni indifférents aux défis du changement climatique. Ils dépensent des milliards de dollars pour relever ces défis et sont signataires de la Convention cadre des Nations-Unies sur le Changement Climatique, qui a comme objectif ultime de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Lorsque nous avons réfléchi sur les buts visés par la Convention des Nations-Unies, il nous est apparu clairement que nous étions face à un choix difficile. Ou bien la réduction des gaz à effet de serre se fera aux dépens de la croissance économique et du niveau de vie, ou bien une rupture technologique qui changera complètement la donne nous permettra de réduire les émissions tout en maintenant la croissance et en améliorant le niveau de vie mondial.
TECHNOLOGIE, SCIENCE ET COOPERATION Nous pensons que le second choix est le seul acceptable, le plus rentable, et c’est lui qui guide notre réponse politique au changement politique. Pour cette raison, et parce que nous pensons aussi qu'il serait déraisonnable d’espérer qu’un pays possèdant des ressources abondantes de combustibles fossiles bon marché pourrait y renoncer, le président Bush a lancé une étude interministérielle pour identifier de nouvelles approches politiques du changement climatique. Il a précisé que cette politique devait : être basée sur la science ;favoriser les ruptures technologiques et scientifiques ;exploiter les forces du marché ;favoriser la participation de tous les pays ;assurer la continuité de la croissance ;et réussir à stabiliser à long terme la concentration dans l'atmosphère des gaz à effet de serre. Guidée par ces grandes lignes, le Gouvernement a développé un ambitieux programme reposant sur trois principaux piliers : la technologie, la science et la coopération internationale. En février 2002, le président Bush a annoncé la création d'un Comité interministériel scientifique et technologique sur le changement climatique, coanimé par le secrétaire d'Etat au Commerce Don Evans et par moi-même. Le travail du comité se répartit suivant deux axes : mener avec le ministère du Commerce les efforts scientifiques sur le changement climatique et mener avec le ministère de l'Energie les efforts de recherche technologique. Ces deux axes sont interdépendants et complémentaires. Le président Bush a été très clair : s actions doivent être construites en fonction de ce que nous apprenons de la science. Nous agirons en fonction ce que nous savons et adapterons notre approche au fur et à mesure des avancées de la science et des technologies. Notre gestion sera créative." La coopération internationale est tout aussi importante que notre programme scientifique et technologique. Parce que le changement climatique est planétaire et ses conséquences mondiales, nous nous sommes engagés à faire aboutir une réponse réellement globale à long terme. Concevoir de bons partenariats internationaux permet aux acteurs de mobiliser des ressources et d'accélérer le développement et la commercialisation des nouvelles technologies. Ces collaborations peuvent être à grande ou petite échelle, mais elles sont toujours pertinentes pour le développement des nouvelles technologies.
REDUIRE L’INTENSITE CARBONE DE L’ECONOMIE AMERICAINE Maintenant que j'ai fait rapidement le tour de notre politique de lutte contre le changement climatique, j'aimerais vous exposer nos progrès. Les Etats Unis savent que le changement climatique est un défi qui va durer tout au long du siècle, mais que nous devons nous en préoccuper dès à présent. En réponse, notre Gouvernement a élaboré un plan par paliers à court, moyen et long terme étalé sur cent ans. otre première tâche consiste à réduire les émissions de GES aux Etats Unis. En février 2002, le président Bush a annoncé un objectif national ambitieux : réduire de 18% en dix ans l'intensité carbone de l’économie américaine (émissions de GES par unité de PIB). Cette réduction de 18% permettra aux Etats Unis de passer de 183 tonnes émises aujourd’hui par million de dollars de PIB à 151 tonnes en 2012. Au total, nous éviterons l'émission de 100 millions de tonnes rien que sur l'année 2012, et plus de 500 millions de tonnes équivalent carbone cumulées d'ici 2012 - environ l'équivalent de la suppression de 70 millions de voitures. Cet objectif exige un effort bien au-delà de la simple poursuite de ce que nous faisons aujourd'hui, mais il est compatible avec la croissance économique, au lieu de la décourager. C'est prioritaire car l'expérience a montré qu'une croissance vigoureuse et soutenue était primordiale pour investir dans l’efficacité énergétique, le développement technologique et la protection de l'environnement.
Pour viser cet objectif à dix ans, le Gouvernement Bush s'est engagé dans différentes voies. Un exemple est le programme "Climate Vision", une initiative du Président lancée par le ministère de l'Energie pour aider à réduire l'accroissement des émissions de GES des industries intensives en énergie. Les participants à ce programme représentent à eux seuls 40 à 50% des émissions américaines.
Ces secteurs ont déjà accepté des engagements spécifiques de réduction et, forts de leur expérience, d’aider ensuite d'autres secteurs comme celui du tertiaire et du résidentiel, à réduire l'impact de leurs GES. Climate Vision fait participer des syndicats professionnels pour accélérer la transition vers les pratiques, technologies et procédés plus propres et plus efficaces, ou capables de capturer et de séquestrer les GES. Le programme ‘’Climate Leaders’’ de l’Environnemental Protection Agency est un autre programme du même type à l'intention des PME et d’autres entités. …
Lire la suite dans Energie Plus n° 317 du 15 décembre 2003 Exposé du 17 septembre 2003 présenté à l’Académie Américaine de Berlin. © ATEE – ENERGIE PLUS - Tous droits réservés
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