Avec 9,8 Mtep consommées en 2001, soit 4% de la consommation primaire nationale, le bois énergie est la deuxième source d’énergie renouvelable en France après l’hydraulique. Dans ce total, cependant, la part du secteur domestique est largement prépondérante et les secteurs collectif, tertiaire et industriel ne représentent ensemble que 12% du bois énergie consommé. Cette part est cependant croissante, en valeur relative aussi bien qu’absolue, depuis 1996, après le lancement par l’ADEME du Plan Bois Energie et Développement Local en 1995. D’une durée de cinq ans (1995-1999), ce PEBDL ne concernait que onze régions témoins, excluait le secteur domestique et s’intéressait en particulier aux structures de mobilisation du bois.
Ce premier programme s’est révélé un succès : le nombre de nouvelles chaufferies installées et aidées financièrement est passé de 17 en 1995 à 129 en 1999. C’est pourquoi l’ADEME, en 2000, a relancé un Plan Bois Energie (PBE) pour la période 2000-2006, mais en l’étendant cette fois à tout le territoire national, en y intégrant le chauffage domestique et en y associant les régions par le biais d’actions contractualisées avec les conseils régionaux (CPER). Ce Plan s’inscrit en outre dans le cadre de la politique nationale de relance des énergies renouvelables préconisée par le Plan national de lutte contre le changement climatique (PNLCC) et par le Plan national d’amélioration de l’efficacité énergétique (PNAEE)
PBE : objectifs atteints à 50%
Dans les secteurs marchands qui nous intéressent ici, le PBE comporte des objectifs qualitatifs, comme professionnaliser les acteurs du marché, améliorer les techniques (qualité des biocombustibles, qualité et valorisation des cendres) et développer les réseaux d’approvisionnement au sein d’un système économique viable, soit parce que le marché du bois énergie se sera suffisamment accru pour permettre leur auto-développement, soit grâce à un financement éventuel par le carbone.
Du côté de la demande, l’ADEME entreprend une communication ciblée auprès des maîtres d’ouvrage afin de promouvoir la chaleur renouvelable et met tout en œuvre afin qu’ils puissent obtenir des garanties de performance. L’Agence défend également l’idée que les réseaux de chaleur alimentés majoritairement au bois devraient bénéficier du taux réduit de TVA, aussi bien sur les abonnements (comme pour le gaz et l’électricité) que sur le combustible (en tant qu’énergie renouvelable).
Le PBE affiche également des objectifs quantitatifs et ils sont assez ambitieux. L’ADEME vise un objectif global de 1 000 chaufferies supplémentaires au cours de la période, ce qui représenterait 1 000 MW environ installés, 300 000 tep de combustibles fossiles substitués, 700 000 tonnes de CO2 évitées et environ 1 200 emplois créés. Ces chiffres se déclinent de la façon suivante par secteur :Collectif, tertiaire et réseaux de chaleur : l’objectif fixé est d’installer 600 nouvelles chaufferies, représentant 350 MW et 120 000 tep/an substituées. Fin 2002, soit au terme des trois premières années d’application du PBE, le taux de réalisation est de 52% en nombre et de 44,6% en puissance. Au total, la France comptait fin 2001 environ 500 chaufferies en fonctionnement dans ces secteurs, pour une puissance installée de 380 MW et une consommation annuelle de plus de 160 000 tep. L’investissement initial moyen y est d’environ 0,67 M€/MW installé.Industrie du bois : l’objectif est d’installer 400 nouvelles chaufferies pour une puissance totale de 650 MW et une consommation de 180 000 tep/an. Fin 2002, le taux de réalisation est de 44% en nombre et 46,5% en puissance. Fin 2001 toujours, on recensait en France plus de 1 000 chaufferies industrielles en exploitation, pour une puissance installée de 1 870 MW et une consommation de l’ordre de 1 Mtep/an. L’investissement initial moyen est ici beaucoup plus faible (la ressource est sur place), de l’ordre de 0,18 M€/MW installé.
Les aides fiscales et financières
Jusqu’à la fin de 2007…
Lire la suite de l'article dans le Dossier Bois Energie du supplément d'Energie Plus n° 311 du 15 septembre 2003
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