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Publié le: 26 juin 2003

Dans la région Rhône-Alpes, le modernisme énergétique semble s’imposer. L’ADEME, la région, l’Europe dynamisent les implantations d’énergie renouvelable à coup de subventions… intelligentes. Stratégiques aussi, puisque l’avenir pourrait bien démontrer que certaines filières répondent aux attentes d’un électorat de plus en plus soucieux de son environnement et de son avenir social. Gros plan sur un village étonnant.

La Tour-de-Salvagny, petite bourgade de 3500 habitants située à 15 km du centre de Lyon, est un modèle en matière d’énergie. Classée station thermale, on pourrait penser qu’elle y était destinée. Le gymnase, une école de Haute qualité environnementale (HQE), une salle polyvalente, des pavillons, autant de bâtiments tourellois qui bénéficient d’une production d’énergie écologique. La commune accueille aussi le siège social de la société Total Energie, filiale du groupe Total spécialisée dans l’énergie photovoltaïque. Il semble exister une vraie volonté de rendre ce village un peu futuriste vitrine d’un monde énergétique respectueux de notre environnement.

L’histoire a été mouvementée et de nombreux obstacles ont dû être levés. Des cabinets d’architecture, des bureaux d’étude sont intervenus ; de nombreuses paperasseries ont été remplies afin d’obtenir des aides financières de la région, de l’ADEME (facilitées malgré tout par le fait que le maire, José Mansot, est le délégué régional de cette dernière), de l’Europe (programme Hip-Hip) ; et des démarches fastidieuses ont été entreprises pour préparer une convention avec EDF afin de lui vendre l’énergie produite - une convention qui se fait encore attendre. Toujours est-il que la commune possède aujourd’hui plus de 40 kWc d’électricité d’origine solaire, une chaufferie au bois autonome d’une puissance de 500 kW (de marque Compte), appuyée par une chaudière d’appoint au gaz naturel, et des capteurs solaires thermiques pour chauffer l’eau de deux bâtiments communaux.

Bois, écologie, emplois
Les 350 tonnes par an de combustible bois sous forme de plaquettes forestières chauffent au total une surface de 7100 m², répartis dans 9 bâtiments. La chaleur est acheminée par un réseau de 600 m linéaires. 88% des besoins de chauffage sont couverts par le bois. Si ce choix offre un avantage certain pour la préservation de l’environnement (le CO2 restitué est équivalent au CO2 emmagasiné par l’arbre, donc l’effet est nul), il conduit aussi à des économies financières. Ainsi, le coût d’exploitation devrait s’établir à 34 500 euros par an (prix du combustible = 68 euros/tonne ; coût de la maintenance = 10700 euros/an), ce qui correspondrait à des économies de l’ordre de 15% à 20 % du coût d’exploitation de référence qui se situe entre 40000 et 45000 euros.

Si on pousse le résonnement un peu plus loin, la filière Bois énergie rentre totalement dans le cadre du développement durable. Du point de vue écologique, « si on augmentait de 10% la consommation de bois de chauffage », on diminuerait de « 4 millions de tonnes par an » les émissions de CO2, indique Jean-Louis Bianco, ancien ministre du logement et du transport (1992-1993), dans son rapport du 28 août 1998, « La forêt, une chance pour la France ». Ensuite, au niveau social, ce dernier affirme que « à la tep (tonne équivalent pétrole) utilisée, on peut estimer (…) que pour le bois, le contenu en emplois est de l’ordre du triple » de « celui du gaz naturel ou du fioul importé ». FNE (France nature environnement) avance le chiffre de « 1 emploi pour 2000 m3 de bois valorisé thermiquement ».

L’ADEME pense que l’installation de La Tour-de-Salvagny permet de substituer annuellement « 75 tep d’énergie fossile » et d’éviter l’émission det 180 tonnes de CO2. Selon elle, « le projet contribue par ailleurs à renforcer la filière bois locale dans le Rhône », et « la chaufferie de La Tour-de-Salvagny permet d’assurer un débouché pérenne » pour les organisations de production et d’approvisionnement. L’initiative de la commune devient un cas d’école dans le domaine du développement durable. La valorisation du bois engendre naturellement la création de structures qui engendrent à leur tour une dynamique sociale durable, notamment par la création d’emplois. Selon la FNE, cette filière constituerait «un thème fédérateur pour les élus car signe des politiques de développement local»
Lire la suite dans le supplément spécial Biogaz d'Energie Plus n° 308 du 15 juin 2003

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