Une étude réalisée à l’échelle européenne montre que l’isolation thermique des bâtiments existants pourrait réduire les consommations d’énergie de 42% et les émissions de CO2 de 353 millions de tonnes. Les mêmes résultats seraient beaucoup plus difficiles et coûteux à atteindre dans les transports.
Le secteur des bâtiments résidentiels et tertiaires est responsable de 40% de la consommation totale d’énergie finale de l’Union Européenne. Abaisser cette consommation est donc l’une des clés essentielles pour satisfaire l’engagement pris à Kyoto de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 8% entre 1990 et 2010. EURIMA, l’association européenne des producteurs d’isolants thermiques (European Insulation Manufacturers Association), a voulu chiffrer l’impact potentiel de l’isolation thermique en termes de consommation d’énergie et d’émissions de CO2 et a confié l’étude au cabinet allemand Ecofys (Cologne).
La méthode de modélisation
Pour effectuer cette étude, Ecofys a élaboré un modèle du parc européen de bâtiments comportant trois catégories de bâtiments (maison individuelle, immeuble d’habitation, immeuble de bureaux) et trois zones climatiques (froide à 1800 d°.j, tempérée à 3500 d°.j, chaude à 4500 d°.j), le tout segmenté selon trois classes d’âge (construit avant 1975, entre 1975 et 1990, après 1990), avec une projection supplémentaire sur la période 2002-2010. Il a évalué la population de bâtiments (en millions de m2) dans chaque catégorie et pour respectivement chaque zone climatique et chaque classe d’âge et a affecté à chacun des 36 segments ainsi définis quatre valeurs standards de U (en W/m2.K) correspondant respectivement à la toiture, aux murs extérieurs, au plancher et aux ouvertures. Chaque segment représente un type de local ; par exemple, une maison construite entre 1975 et 1990 et située en zone froide. Connaissant les valeurs de U et les degrés-jours, il est possible de calculer la consommation annuelle d’énergie de ce type de local, puis d’agréger cette donnée sur l’ensemble de la population correspondante. Pour évaluer enfin l’émission de CO2, il faut connaître le mix énergétique fournissant la chaleur dans chaque zone climatique, ainsi que les facteurs moyens d’émission de chacune des énergies. Les facteurs d’émission adoptés sont les suivants (source : Öko-Institut, étude Gemis, Darmstadt, Allemagne 2002) :
gaz naturel : 0,267 kgCO2/kWh ;
fioul domestique : 0,362 ;
charbon : 0,343
électricité : 0,536
chauffage urbain : 0,167.
Pour chacun des types de local, il suffit alors de comparer la consommation d’énergie et les émissions de CO2 actuelles avec ce qu’elles seraient si le local en question bénéficiait d’un niveau optimal d’isolation thermique. Les agrégations successives par population et par zone fournissent le gisement global d’économie d’énergie et de réduction d’émissions recherché.
Le potentiel d’économies d’énergie
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