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Une interview de Philippe CHARTIER, Conseiller Stratégie et Technologie au Syndicat des Energies Renouvelables (SER)
Publié le: 21 février 2003

Les énergies renouvelables ont pris depuis quelques années une place considérable dans le débat sur l’énergie et l’environnement, ainsi que dans la politique énergétique française, avec des mesures concrètes comme l’obligation d’achat et les tarifs garantis. Quel a été le facteur déclenchant ?

Philippe Chartier
C’est incontestablement la politique européenne qui a joué un rôle majeur pour débloquer la situation française qui était crispée depuis le contre-choc pétrolier de 1986 – du moins en métropole, car dans les DOM-TOM, le mouvement a été lancé dès 1995. On peut mettre à l’actif de cette politique communautaire non seulement les textes spécifiques sur les énergies renouvelables mais aussi la directive sur l’ouverture des marchés de l’électricité à la concurrence. Son effet a été variable d’un pays à l’autre : elle a provoqué des perturbations dans ceux qui étaient en avance, comme l’Allemagne, mais au contraire elle a créé un appel d’air dans ceux qui étaient en retard, comme la France, où elle a amené la mise en place d’un mécanisme de régulation qui a permis de traiter les filières électriques en émergence.

Il faut cependant noter qu’il n’existe pas de politique européenne de l’énergie et que la France, à cause de sa stratégie de développement du nucléaire, a longtemps été hostile à ce qu’il y en ait une. Le secteur a de ce fait toujours été abordé par la périphérie, notamment par l’environnement, la concurrence ou la fiscalité. Ce constat est l’un des fondements du Livre Vert de la Commission qui montre que la sécurité d’approvisionnement est un thème qui mériterait d’être traité au niveau européen. Les choses vont donc peut-être changer et on peut croire que Bruxelles restera toujours moteur pour les renouvelables. Cet état de fait nous a permis, par exemple, de passer la phase d’alternance politique en France sans difficulté importante : la Gauche regardait les EnR d’un œil plutôt favorable en raison de sa dimension plurielle ; la Droite le fait par conviction européenne.

En 1998, le Livre blanc sur les énergies renouvelables fixait des objectifs assez ambitieux à l’horizon 2010 pour le développement des EnR, dont la part dans le bilan communautaire devrait passer de 5,3% en 1995 à 12% en 2010...
Lire la suite dans le supplément technique d'Energie plus 300 du 15 février 2003


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